Hot! Alioune et le Duo Solo Danse Festival

Alioune Diagne,

J’ai rencontré Alioune durant le Festival Duo Solo Danse de Saint Louis. Alioune Diagne est danseur, chorégraphe mais au-delà de çà, c‘est aussi le Directeur Artistique du Festival Duo Solo Dans, qui cette année fêtait son septième anniversaire. C’est sur le Bou El Mogdag, que je rencontrais Alioune, un Vendredi Soir, à l’avant veille de la clôture de l’édition 2014.

Je lui proposais une interview le lendemain, sur l’une des terrasses du bateau. Alioune ainsi que tous les autres artistes du Duo Solo logeait sur le Bou El Mogdag pendant toute la durée du Festival. Je le retrouvais donc,  le jour suivant pour échanger autour de son évènement devenu avec le temps, un incontournable des Festivals sénégalais. 

Qui es-tu et quel genre d’individu es-tu ?

« Je m’appelle Alioune Diagne, je suis danseur, chorégraphe. Je pense que j’ai une mission et je fais de mon mieux pour l’accomplir.»

 

 

Tu es dans la Danse depuis longtemps ?

«  Dans les années  98-99, j’ai commencé à intégrer des troupes de théâtre des associations sportives et culturelles de mon quartier.  Un jour, au collège, j’ai rencontré une compagnie de danse, qui venait faire une répétition. J’allais les voir tous les jours… A chaque fois, que je venais, ils me refusaient l’accès. Mais je voulais faire comme eux. J’y suis allé pendant dans mois. Et ils me disaient toujours la même chose: « Non, ici, c’est pour les professionnelles, retourne à l’école. » A un moment, j’ai vu le chorégraphe, Ciré Beye, je lui dis que je voulais vraiment le faire. Il m’a mit en garde, et m’a dit que la Danse Contemporaine, c’était beaucoup de travail. Je ne savais même pas ce que c’était à l’époque.  Il m’apprit à l’essai et au bout de quelques semaines, j’en faisais régulièrement le mercredi et le samedi. Puis tous les jours. Il y’avait deux groupes celui des adultes et celui des jeunes filles de 7 à 14 ans. Comme j’étais un bleu, j’ai intégrait le groupe des filles. J’ai fait çà pendant six mois. J’étais comme une girafe dans un troupeau de chèvre, cependant, je ne me suis jamais senti mal à l’aise. C’est ce que je voulais faire. J’ai continué comme çà, jusqu’à ce qu’il est besoin d’un danseur.

J’ai travaillé par la suite durant 5 ans avec cette compagnie qui était la première compagnie de danse contemporaine de Saint Louis. En parallèle Ciré travaillait avec Germaine Accogny et il n’était pas tout le temps à St louis du cout. En 2006, j’ai monté des solos. Après la terminale, j’ai fait le choix de faire ce que j’avais envie et je suis allé à Dakar mais je n’étais pas convaincu du niveau de certaine école de danse.  Je suis tombé sur une affiche pour le concourt des Beaux Arts, j’ai décidé de m’y inscrire. Je suis sortie 4ieme du Concours d’Entrée. J’ai fait une année à l’école des beaux arts dans la section en arts plastiques. Par la suite, j’ai du allé à Bamako pour un stage de danse. Puis je suis allé à Ouagadougou pour une formation avec une grande chorégraphe internationale. »

Comment est arrivé Duo Solo ?

« Quand je suis rentrée à Saint Louis, j’ai monté une association, DIAGN’ART. C’est elle qui porte le Festival Duo Solo depuis ces débuts. L’idée était de créer  une semaine de rencontre artistique à Ndar. A la base, je voulais inviter des danseurs, des peintres, des comédiens, des musiciens etc. Quand j’ai écris le projet, vu le budget que ca demandait, je me suis dis que ca allait être plus simple de me concentrer sur ce que je maitrise, la Danse.  Je pouvais faire les auditions, et créer certains des spectacles du Festival. Au-delà de çà, j’avais envie que le monde découvre St Louis d’une autre façon. »

 

 

Pourquoi des Duos et des Solos ?

«  Parce qu’il faut faire avec ce que l’on a. Un Solo ou duo coutent moins chères qu’une troupe de cinq artistes. Au début je n’avais rien, seul l’institut français de Saint Louis m’accompagnait. Aujourd’hui, le Festival a d’autres partenaires. Et chaque année les invités sont de plus en plus nombreux. Il faut partir de ce que l’on a puis grandir. Il faut dire aussi qu’un solo laisse plus de place à l’artiste. En tant qu’individu, de quoi veux-tu nous parler ? Que veux-tu dire à travers ta danse ? Qu’est ce que t’as présence amène en therme d’échange, de réflexion ?

Ce festival enrichit tous ces participants, sénégalais, africains ou européens. C’est d’ailleurs pour cela, qu’on garde tous le monde sur le bateau. Pour moi, le partage et l’échange sont essentielles. Durant le Festival, on est comme une famille. Chaque année de nouveaux spectacles naissent à partir du Duo Solo. Le festival n’est pas qu‘un festival de danse. On essaye de créer et de faire des choses. »

Quels sont tes paires ? Les gens qui t‘inspirent au quotidien.. des gens dont tu apprécies le parcours…

« Il n’est pas seulement danseur ou chorégraphe, c’est quelqu’un de très humain. C’est quelqu’un que tous peuvent aborder.. il vit son art mais de façon très équilibré. Il s’appelle Hardo KA.

Quand j’étais plus jeune, chaque weekend, j’allais chez lui à Toubab Dialaw. Là bas, j’étais libre de danser. Il me réveillait à trois heures du matin, dès qu’il avait une inspiration, et on dansait ! J’étais content d’apprendre à ces cotés. Parfois j’ai envie de réveiller les artistes à 3h du matin et de travailler avec eux sur de nouvelles choses. J’aime ce que ca crée. J’ai apprécié de travailler avec Hardo. Chaque échange avec lui m’enrichit. J’apprends énormément et lui aussi, c’est un vrai échange. Il me dit souvent : « Duo solo ce n’est pas seulement ton festival, c’est notre festival. »  Jusqu’alors, on arrive à la programmer chaque année. Même s’il a des engagements, il lâche tous pour venir au Festival.

 

 

Ou te vois-tu d’ici les cinq prochaines années. ?

«  J’aimerais que Duo solo sorte des murs de  l’Institut Français de Saint Louis. On fait déjà des ateliers dans les quartiers. Mais j’aimerais avoir un grand plateau de danse contemporaine sur la place Faidherbe. Les gens se déplaceraient et viendraient s’assoir pour voir les spectacles. Au début,  la salle de l’institut français n’était pas remplis maintenant on mette des nattes pour que les gens puissent s’assoir…

J’aimerais aussi avoir mon propre espace. Un endroit à nous ou on peut faire des résidences d’artistes. Avoir un lieu de danse contemporaine ou le monde peut passer, venir découvrir st louis, la danse etc. Actuellement et depuis les trois dernières années, on a un espace mais ca ne nous appartient pas. On fait des ateliers, des cours de danse. J’ai crée mes nouvelles créations là-bas.

Un coup de gueule ?

« J’ai honte de voir sur mes affiches, sur mes flyers, que des partenaires étrangers. J’ai vraiment honte parfois… On a un ministère de la culture au Sénégal mais depuis 7 ans, on ne les vois pas, il ne nous soutiennent pas.. Rien. Même pas un mot pour soutenir notre action…  On a été partout, mais rien.  Ca me fait mal, qu’il n’y’ait pas de travail. ils ne travaillent pas. Ils ont un salaire tous les mois, mais ils ne font rien.. ils sont dans leur bureau et ils attendent la fin du mois.. il devrait avoir un planning annuel et soutenir les initiatives qu’on monte.. »

 

 

 

Duo Solo Danse Festival,

Alioune Diagne, Directeur Artistique

Compagnie Diagn’Art
Festival Duo Solo Danse
BP 520
Saint-Louis, Sénégal

 

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