Cora Portais Ndiaye

Cora Portais Ndiaye

 

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Portrait photo de Cora Portais Ndiaye. Cape Town, Afrique du Sud, 2016. Photo et Copyright : Simon Fidelis.

 

J’ai rencontré Cora sur le bootcamp organisé par Madame Digitale, un réseau de femmes entrepreneures œuvrant sur le digital. Durant cette formation, Cora était la technicienne images et vidéos. Par ailleurs, elle animait  un atelier sur le multimédia et le storytelling. Nous avons alors sympathisé et échangé autour de son métier de photographe reporter… Par la suite, la vie dakaroise étant ce qu’elle est, nous nous étions perdues de vue avant de nous retrouver en ce jour d’hivernage à la Boite à Idée.

 

Alors Cora,  tu pars ? Mais pourquoi…

Cora : «  Oui, mais je pars pour revenir ! »

« Tu sais quand je suis revenue au Sénégal il y a deux ans, je n’avais aucun plan très précis. J’étais venue portée par ce besoin de vivre, ici, chez moi, et de documenter le Sénégal. Après ces années d’expérience, j’ai besoin de repartir pour un temps et de prendre du recul… Maintenant j’ai une vision un peu plus carrée. J’ai évolué ! J’ai fait ma première exposition au Sénégal il y a quelques semaines de ça, au Festival Gorée Cinéma. »

 

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«  Le sable et le bleu ». Tambacounda, Sénégal 2014. Photo et Copyright : Cora Portais

 

Première exposition à Dakar – Projet Soumbédioune

« J’avais déjà fait des expositions mais c’était la première fois que je montrais mes photos du Sénégal au Sénégal, et c’était très important pour moi. J’avais besoin de montrer mon travail au public sénégalais et de voir les réactions, les retours. J’ai eu des lectures différentes des photographies et c’est ce qui était le plus intéressant. Selon l’histoire de chacun une image parle différemment. Les retours que j’ai eus pour cette exposition ont été positifs. Le thème était : « Nettali Africa – Histoires de petites gens ». J’ai candidaté avec une série photographique réalisée à Soumbédioune. »

 

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Photographies de « Soumbédioune » prises par Cora et exposées lors du Festival Gorée Cinéma, saison 4. Gorée, Sénégal, 2018.

 

« J’ai pris toutes ces photos de nuit. Entre la fin de journée et le milieu de la nuit. L’espace géographique est le même, mais c’est l’espace-temps qui diffère.  Il y avait une atmosphère très intéressante. Ma question c’était : Comment présenter un marché au poisson ? J’essaye de montrer différentes vérités. Il y a plusieurs histoires et réalités qui s’entremêlent dans ce travail.

 

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Au début j’y suis allée accompagnée par un ami, parce que je ne me sentais pas forcément en sécurité avec le matériel etc, puis j’y suis allée seule. C’était beaucoup mieux. Ça te permet de prendre le temps, de rencontrer des gens, de parler avec eux. Je leur demande l’autorisation avant ou après la prise d’une photo car éthiquement je ne veux pas voler l’image de quelqu’un. Je fais de la photo documentaire. 

Je cherche à photographier les personnes de manière naturelle et spontanée. Ma présence donc, et celle de mon appareil doivent être acceptées voire oubliées par la suite.»

 

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Réflexion dans le taxi : « Crossing Gambia ». Gambie, Sénégal 2017. Photo et Copyright : Cora Portais

 

Pourquoi faire de la photo ?

« J’ai commencé par faire des études de droit et je me suis rendu compte que ça ne me correspondait pas. Je cherchais un autre moyen d’expression. Après j’ai fait de la communication, puis du journalisme. Pour moi le journalisme c’est informer, c’est l’intérêt général, ça me parlait plus que la communication. En revenant au Sénégal, j’ai fait un stage au Journal Le Soleil et je suis partie avec un journaliste de la rédaction à Tambacounda pour faire un reportage sur l’accès à l’éducation chez les enfants atteints d’albinisme. J’avais un appareil et j’ai pris mes premières photos là-bas. C’était pour accompagner l’article. En fait, mon intérêt pour la photographie s’est éveillé là-bas. Notre article a finalement été publié dans le journal national sénégalais Le Soleil, puis dans la revue des Nations Unies au Sénégal. Pour moi, la photographie a le pouvoir de raconter des histoires. C’est un outil pour communiquer, s’exprimer, porter une voix, sensibiliser, témoigner. C’est aussi une responsabilité, car on représente les gens que l’on rencontre et qui acceptent d’être photographiés. Donc selon moi, ça demande de se questionner : Pourquoi, et comment est-ce que je parle d’un sujet ? Quelle narration ? Quel message- image je renvoie à travers mes photos ? Mais aussi, où est ce que je montre mes photographies, comment est-ce que je les montre et à qui ?»

 

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« Portrait de Gloria », jeune femme vivant avec albinisme à Johannesburg. Johannesburg, Afrique du Sud, 2016. Photo et Copyright : Cora Portais.

 

Ta première exposition 

« Après cette expérience vécue à Tambacounda en 2014, il a fallu que je retourne en France pour terminer mon année en Journalisme. Le retour a été un peu violent. C’était les fêtes de fin d’année. Le contraste était grand, et émotionnellement, le décalage a été difficile. J’ai commencé à regarder mes photos et à faire du tri. J’avais de la matière. J’ai essayé de sélectionner une partie des photos pour les montrer au Sénégal mais ça n’a pas abouti. Peut-être que le sujet était alors trop sensible.

 

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Cora présente ses travaux photographiques sur l’accès à l’éducation pour les enfants atteints d’albinisme au Sénégal, lors d’une conférence Internationale sur l’albinisme organisée par l’Open Society Foundation. Pretoria, Afrique du Sud, 2016. Photo et Copyright : Simon Fidelis.

 

Ensuite, je suis allée aux USA pour travailler au pair dans une famille et m’occuper d’enfants dans la région de New-York. J’avais 22 ans. Mon avion a atterri à Washington et je me suis rendue aux bureaux de la Banque Mondiale pour montrer mes photographies sur l’accès à l’éducation des enfants atteints d’albinisme au Sénégal. J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer la curatrice de la Banque Mondiale, qui par la suite a montré mes photographies en Afrique, en Tanzanie, et au Kenya à travers des expositions et des conférences internationales sur l’albinisme.

 

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« Combinaison ».  Johannesburg, Afrique du Sud, 2016. Photo et Copyright : Cora Portais

 

Puis, j’ai eu réellement envie de me professionnaliser, d’apprendre la photographie. Je me suis inscrite dans une école en Afrique du Sud, The Market Photo Workshop. C’était important pour moi d’avoir, au-delà de l’apprentissage technique, des connaissances historiques et culturelles sur la photographie, et de pouvoir analyser des images. C’est une école sud-africaine qui historiquement signifie beaucoup, puisqu’elle a été créée en 1989 par le photographe David Goldblatt et que le focus initial de l’école était la formation à la photographie documentaire et sociale. »

« Cette année ces photographies sur l’accès à l’éducation pour les enfants vivant avec albinisme au Sénégal seront montrées à Washington. De 2015 à aujourd’hui, elles ont pu être montrées dans différents lieux et pays. Grâce à mon école de photographie The Market Photo Workshop, elles sont également exposées au Musée National de Cape Town en Afrique du Sud. Je suis contente de constater un intérêt pour ce sujet : l’intégration des personnes vivant avec albinisme en Afrique. La photographie est mon outil d’expression, ma petite contribution à notre monde. »

 

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Photographies du projet « Clair-Obscur », réalisées par Cora Portais, et exposées au Musée National de Cape Town Iziko lors de l’exposition collective « Not the Usual Suspects ». Cape Town, Afrique du Sud, 2018. Photographie prise lors du vernissage. Photo et Copyright : Iziko Museums of SA/Marla Burger

 

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