Iman Djionne

Iman Djionne

 

Je connais Iman depuis quelques années maintenant, fille de la grande designer Clarisse Djionne, Iman a hérité de la fibre artistique de sa mère et de sa famille. Après plusieurs années d’études et d’expériences dans le cinéma, Iman produit son premier film La Boxeuse. Ce court métrage sorti, il y a peu fait déjà le tour des festivals internationaux et il fut présenté récemment à Dakar, lors de la nuit du court-métrage au Grand Théâtre National de Dakar. Il y’a quelques jours, je recevais donc, Iman à la Boite à Idée, pour échanger sur sa passion et son dernier film.

 

 

Interview d’ @imandjinn pour #WakhArt #IdeaboxDk #LaBoxeuse #Dakar #MovieMaker #Cinema #Team221

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Iman

Iman : « Je ne me suis jamais trop posée la question. Je fais les choses en suivant mon feeling. Je suis réalisatrice mais disons que je me définis plus comme quelqu’un qui raconte des histoires. Quand j’étais plus jeune, j’adorais me plonger dans la lecture. Je suis tombée dans le cinéma à cause des acteurs. J’étais fascinée par leurs jeux, comment ils arrivent à nous faire croire à quelque chose de fictif.

Adolescente, je suis passée d’une fascination pour les acteurs à une fascination pour la fabrication même de ces films. Etre derrière la caméra plutôt que devant, réaliser, raconter une histoire est alors devenu ce que je voulais faire  Après mes études supérieures en économie, je suis allée aux Etats Unis, à Los Angeles, faire une année de formation en réalisation. Ce qui est bien là-bas, quand tu finis, c’est que tu as le droit de rester un an de plus pour faire des stages. Donc j’ai pu faire plusieurs stages sur des plateaux de tournage. J’ai pu observer comment ça se passe dans les différents corps de métiers : des machinistes aux costumes, de la production au département caméra, jusqu’à même être figurante sur pas mal de films et séries. Après ces années de formation, j’ai décidé de rentrer. Les histoires que je veux raconter se passent ici au Sénégal et en Afrique.

 

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Quand je suis rentrée, en 2012, j’ai eu la chance de bosser sur le film Dakar Trottoirs d’Hubert Laba Ndao en tant qu’assistante monteuse. Ca m’a permis de rencontrer des gens dans le milieu. Après j’ai pu faire des petits boulots dans l’industrie audiovisuelle et cinéma. En 2014 j’ai finalement monté ma boite de production Guddi Productions. Depuis j’écris, je travaille sur différents scénarios. J’espère que dans quelques années je pourrais produire d’autres réalisateurs. Pour l’instant je me concentre sur mes histoires. Je pars souvent d’expériences personnelles, observées ou vécues que j’adapte. Les histoires sont inscrites dans un registre dramatique mais j’aime beaucoup aussi le mélange de genre. Pour l’instant j’expérimente, je ne veux pas me limiter… Il y’a quand même une dynamique à Dakar, les gens se bougent et créent. C’est stimulant d’être dans cet environnement. »

 

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La Boxeuse

Iman : « Mon grand père Idrissa Djionne, dans les années 40-50, était boxeur. Il a été champion de France et champion d’Europe. Il a 88 ans aujourd’hui et la boxe est toujours sa passion, son moteur. Il ne tient pas en place, il parcourt la ville, participe à des galas, visite des salles d’entrainement, etc C’est magique qu’à cet âge, il soit encore à fond dans cette passion…

Ce film lui rend hommage, c’est une métaphore concernant la passion en général et ma passion pour le cinéma en particulier. J’ai essayé de questionner cette passion et essayer de comprendre comment ça te tombe dessus. C’est un peu ça, cette métaphore des gants de boxe qui  tombent sur cette jeune fille par accident et l’obligent à suivre sa destinée dans l’inconnu, dans la peur. Et je pense qu’on expérimente ça aussi. On se lance dans nos passions sans savoir ce qui nous attend. C’est beaucoup de prises de risques, beaucoup d’obstacles.

Je m’adresse à tous les jeunes. Surtout dans ce pays, où les jeunes sont délaissés. On les laisse complètement tomber. J’ai voulu raconter l’histoire de cette jeunesse, qui n’a pas forcément accès à tout ça à certaines opportunités, certains domaines de connaissances et qui pourtant regorge de talents.

Le rôle étant assez physique, je cherchais quelqu’un d’athlétique, mais pas forcément une comédienne. Je me suis dit qu’une danseuse ferait l’affaire, parce que j’avais besoin de quelqu’un qui maitrise le mouvement et son corps. Je suis tombée sur Aminata Sarr à Blaise Senghor, qui n’avait jamais joué avant, et quand je l’ai eu en casting, c’était une évidence. Elle a été super.

J’espère que le film continuera à tourner en festival et plus tard, j’espère le distribuer. J’aimerais qu’il soit vu le plus possible… »

 

 

L’avenir

Iman : « J’ai deux projets de court-métrages en écriture. Je pense les produire seule. Si j’ai quelque chose à conseiller, c’est de faire avec les moyens du bord. C’est vrai que pour La Boxeuse, j’ai bénéficié d’un fond d’appui mais je ne vais pas attendre pour faire les prochains films. Je pense que le plus important c’est d’abord une équipe soudée et bien s’organiser. Il faut faire ce qu’on peut avec ce qu’on a. Les contraintes d’ailleurs poussent à être plus créatif.

J’espère que dans quelques années, j’aurai réalisé un premier long métrage. »

Conseils aux jeunes

Iman : « Je suis encore entrain d’apprendre. Je dirais rester patient mais ne pas attendre pour faire, pour tourner. C’est en faisant des erreurs qu’on apprend. D’ailleurs avec la technologie qu’on a de nos jours, on a plus d’excuses. Ce qui est excitant dans le cinéma, c’est que chaque tournage est différent, on repart de zéro à chaque fois. Un challenge constant.»

Si Iman était un film ; elle serait : «  Je pense un film de Spike Lee, son premier film « She’s gotta have it ». C’est l’histoire d’une femme indépendante, forte, libre. Ca fait écho à toutes ces femmes qui sont dans ma famille, et qui sont elles aussi des battantes. Il y a aussi un film américain des années 1940, Sunset Boulevard. La performance de l’actrice m’avait scotché. Les films de Wong Kar Wai, un réalisateur de Hongkong, surtout ses premiers, me captive par leur atmosphère très sensorielle.

 

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