Hot! Jean Lebreton

Jean Lebreton

 

 

 J’ai rencontré Jean Lebreton, un après-midi de mars à la Boite à Idées. L’artiste photographe était venu me présenter son travail à quelques mois de la Biennale le Dak’Art 2018 où il comptait exposer. Quelques jours plus tard, je le retrouvais à son atelier situé à Yoff Virage, pour échanger plus amplement sur son parcours, ses œuvres et cette technique appelée « l’encaustique » qu’il affectionne particulièrement.

 

 

L’artiste
« Je suis photographe depuis toujours. Enfant, je voulais être un Jean-Marie Périer, le photographe de Salut les Copains. Comme lui, je voulais faire des photos de chanteurs. Après avoir réalisé mon rêve d’enfant, celui d’être photographe de stars, et passé 20 ans dans les paillettes du show-biz, j’ai voulu aller plus loin dans la photographie. »
 

 

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Jean Lebreton


 

 

Les débuts

« D’abord intéressé par le dessin, j’ai réalisé très vite que c’était à la photographie que je me consacrerai. J’ai fait ma première exposition au Conservatoire des Arts et Métiers à Paris, je devais avoir 17 ans. Puis vers l’âge de 20 ans, j’ai fait une école de cinéma. Mais le cinéma c’était très compliqué, je ne connaissais personne. Toujours étudiant, premier coup de chance, grâce à un copain j’ai trouvé un job dans un groupe de magazines naissant. Au début, je classais les archives photos, puis j’ai monté le service d’archives pour ce groupe de presse. Cependant, c’était la prise de vues qui m’intéressait. Deuxième coup de chance, quelques mois plus tard, j’ai remplacé, en urgence, un photographe absent, et mon nom est apparu pour la première fois dans une publication.

Pendant quasiment vingt ans, j’ai couvert les concerts à Paris, les chanteurs, réalisé des pochettes de disques… A trente ans, j’ai monté un restaurant, c’était une cantine du Showbiz, un vrai succès. Puis j’ai tout quitté, et je suis allé en Californie où je suis resté quatre ans pour réaliser des reportages pour les Editions de France. Enfant j’avais trois rêves, faire des photos de chanteurs, aller en Californie et à Tahiti. Donc après la Californie, je suis allé vivre en Polynésie où j’étais correspondant pour un quotidien à Bora-Bora. »
 

 

Lors de la prise de vues avec Laurent Voulzy en studio de la pochette Le Coeur Grenadine

Lors de la prise de vues avec Laurent Voulzy en studio de la pochette Le Coeur Grenadine


 

 

La publicité
« Après une année à Tahiti, je suis rentré en France. On m’a proposé de reprendre mon job de photographe en agence de presse, mais le métier avait changé, c’était l’ère des paparazzi. J’ai décidé d’arrêter. On était en 1989. Je suis reparti sur les sentiers de la guerre. Là, j’ai revu un copain qui faisait de la publicité, et j’ai démarré un nouveau métier dans l’image. Dès le début, j’ai décroché deux gros clients dans les cosmétiques et un laboratoire pharmaceutique. Encore une fois, j’ai eu de la chance. Pendant dix ans, j’allais souvent à New York mégapole qui m’attirait. J’ai arrêté la pub et en 2006, je me suis installé à New York où j’ai monté un bureau E-press avant de changer à nouveau de continent dix ans plus tard. Parallèlement, je faisais des clichés. J’ai exposé trois années de suite dans un collectif d’artistes à Mamaroneck et à Larchmont dans le Westchester des tirages traditionnels argentiques que j’ai très bien vendus.  Un jour à Woodstock, « ville mythique », j’ai fait une rencontre : l’encaustique. »

 

 

L’encaustique
« Un jour à Woodstock à la galerie BMG, j’ai découvert la photo encaustique à travers le travail d’une artiste Jeri Eisenberg. Il s’agissait de polyptyques « semi abstraits » sur papier Japonais encaustiqués. Le galeriste m’a informé du procédé réalisé à partir de la cire, une technique très ancienne datant des Egyptiens, en fait du IV ème siècle avant J.C, plus connue aux Etats-Unis qu’en Europe. C’était magnifique et cette technique naturelle respectait l’environnement ! J’ai repris le chemin de l’école et je suis allé à Kingston dans l’Etat de New York, me former à ce procédé nouveau pour moi. Encaustique vient d’un mot Grec qui veut dire « faire brûler ». L’encaustique se travaille à chaud. On fait brûler la cire d’abeille naturelle que l’on applique avec un pinceau comme de la peinture. Après ces formations, j’ai démarré. Mon sujet était New York, source d’inspirations illimitées « Abstracts Of A World Too Real ». J’ai exposé assez vite. »

 

 

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Le Sénégal
« Après dix années à New York, j’étais fatigué de tout ce qui me fascinait en arrivant : le bruit, l’agitation perpétuelle, la marche en avant… Des amis qui connaissent bien Ngor m’ont convaincu de venir découvrir le Sénégal. Au début j’étais réticent, j’avais comme beaucoup d’occidentaux, des clichés sur l’Afrique. Mes amis m’ont invité, et quelques mois plus tard, je me suis retrouvé sur l’île de Ngor. J’ai eu l’opportunité de voir des pays beaucoup plus beaux que le Sénégal, mais ce qui m’a plu ici ce sont les gens et les couleurs. Huit mois plus tard, je suis à Dakar où je découvre une autre forme de bruit et d’agitation perpétuelle mais sous le soleil… J’habite au Virage depuis octobre 2017. Il faut jusque que je retrouve ma place en tant qu’artiste et que j’adapte mon encaustique au Sénégal. »

 

 

La Biennale – Dak’Art Off 2018
« Pour ma première exposition dakaroise, je vais présenter durant les off de la biennale 2018, des panneaux autour du thème de New York à Dakar. Mes créations mix-média sont un mélange de photo et d’encaustique, Street-Art et Macadam. Je ne suis pas peintre, mais mes créations artistiques uniques ressemblent à des tableaux. »

 

 

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Dans DIX ans
« Rire. J’ai signé un bail de dix ans et j’espère pouvoir montrer mon travail entre Dakar et New York. Et puis je ne sais pas, j’avance et je vois où la vie me mènera… Il y aura peut-être d’autres voyages, je ne peux pas rester en place de toute façon ! Ou d’autres formes d’expression, l’image qui bouge m’intéresse, et plus que la morose réalité, c’est du rêve que je veux partager derrière mon objectif. »

 

 

Un objet qui lui ressemble : « Et bien, je dirais, un appareil photo. J’étais très timide étant enfant. Avec l’appareil photo, tu peux te cacher et voir sans être vu. Avant d’être photographe professionnel, je devais avoir 16 ans, je suis allé à l’Olympia pour voir un concert de Johnny Hallyday. J’avais pu m’acheter un appareil allemand qui faisait professionnel et je voulais faire des photos d’Hallyday. Ce soir-là Jean-Marie Périer était là aussi, en bas de la scène, d’où il faisait des photos de la Rock Star. Je me suis approché de la scène, je ne sais plus ce que j’ai dit au videur mais il m’a laissé passer. J’ai pu prendre des photos. A partir de ce moment-là, je n’ai plus jamais rougi de ma vie… L’appareil photo m’a toujours permis de m’échapper ou de prendre du recul. »

 

 

En action sur East River à Manhattan

En action sur East River à Manhattan

 

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