Jowee Omicil – Let’s Bash

Jowee Omicil – Let’s Bash

 

De passage à Dakar pour une série de dates organisées par Cunimb Productions, Jowee Omicil, célèbre jazzman d’origine haïtienne, accompagné d’Erwan Le Vigoureux, producteur des Dakar Live Sessions, plateforme musicale qui accueille à Dakar des artistes itnernationaux pour des résidences et des concerts s’était retrouvé au cœur de la Boite à Idée , un samedi matin de Mai . Il avait joué la veille au Pullman et ce soir, devait performer au Bastion, un espace dédié à la musique. Avant de démarrer notre interview je proposais à l’artiste une collation. Un des albums du jazzman sénégalais Hervé Samb était en rotation. C’est ainsi, qu’autour d’un thé, Jowee, souriant, répondait à quelques unes de mes questions…

 

Jowee - photo de Sylvain CherkaOui

Jowee – photo de Sylvain CherkaOui

 

Comment tu te sens après le concert d’hier ? Quelles sont tes premières impressions ?

J.O : « Ca va. Je me sens super bien. Le concert d’hier était un « apéritif » ! J’ai vraiment aimé. Le plat de « résistance », ce sera ce soir… C’est comme toujours. Toujours « challanging », tu vois ! Parce que tu déplaces les gens. Tu les sors de leurs zones pour les amener dans ta zone. Tu ne sais jamais dans quelles zones, ils vont être. C’est quand tu arrives que tu vois où est ce qu’ils sont et tu te dis : « Wawouuu  ok, vous êtes là ! Bon ! Il faut qu’on voyage !! »  Ensuite tu t’interroges : « comment on va faire ? » C’est de là que vient l’anxiété et le fun. You J-U-S-T D-O-N-T Known !! »

Le public sénégalais est particulier. Au début il écoute et ensuite s’il adhère il interagit…

J.O : « C’est super ca, c’est sage ! Je trouve ça sage. Je n’aime pas quand les gens réagissent, juste pour réagir. J’aime mieux qu’ils répondent justement. La réaction c’est de l’émotion et l’émotion est bonne mais avoir de la sagesse ca devient encore mieux. Tu écoutes et puis des réagis. Même si ca prend trente minutes, c’est bon ! C’était ca la « vibe » hier soir. Au début les gens étaient sérieux, ensuite ils se lâchaient puis ils redevenaient sérieux et ils se lâchaient à nouveau. A la fin ils étaient tous unanimes. C’est vrai ils étaient « In and Out » toute la soirée. Mais ils étaient honnêtes et ca c’est beaucoup d’amour. »

 

Jowee - photo de Sylvain CherkaOui

Jowee – photo de Sylvain CherkaOui

 

Est-ce que par rapport aux autres endroits où tu as joué, le public était différent ?

J.O : « Oui c’était différent. Mais c’est une bonne différence. Tous les publics sont différents mais les sénégalais, ceux sont nos cousins, à nous les haïtiens. Je te regarde et tu ressembles à ma sœur. Belle comme ma sœur. Je regarde les traits, vraiment il y’a beaucoup de ressemblance. Je me sens comme si j’étais à la maison. Les sénégalais sont différents mais similaires des haïtiens. Chez nous, les gars vont te regarder et après quand ils t’ont bien assimilé, ils t’adoptent. J’ai senti çà hier soir, mais j’aime ca, j’aime bousculer l’honnêteté. Y’en a qui vont sauter, d’autres qui vont rester figés. On est tous là ensemble, pour de vrai !! Et c’est ca qui est fort ! »

Est-ce que c’est ta première fois sur le continent ?

J.O : « Première fois, sur le continent non ! J’ai fait la Cote d’Ivoire, le Cap Vert et cet été, je dois aller en Tunisie. Mais oui, première fois à Dakar. Ca me fait vraiment penser à Haïti. Même les rues, l’architecture, l’odeur. Je te promets. C’est trop puissant ! D’un continent à l’autre… »

 

 

Comment tu es arrivé à cet album Let’sBash ?

J.O : « Il y’a eu Let’s Do This, Roots and Groove, Naked maintenant on est dans Lets Bash. Au faite, ca fait longtemps que je Bash avec mon groupe. Mais c’est la première fois que je le mets en avant. Ca fait plus d’une dizaine d’année qu’on Bash !  A force de le faire, le truc a évolué et c’est défini lui-même. Avant de faire le concert lundi dernier à la Sorbonne, le soir d’avant, ca m’est venu comme dans un rêve, Bash ! Beauté Ascendante de la Société Honnête. C’est ca le Bash, c’est l’amour !! Quand tu regardes quelqu’un tu lui dis « I love You » … On a toujours fait du Bash , mais à travers Lets Bash, ca prend une autre dimension, une autre envergure. Ca fait un mois que l’album est sorti… je suis d’ailleurs agréablement surpris. Je n’espérais pas que ce soit bon ! Ca dépasse tout. Je remercie mon Dieu, j’ai rien à dire dans le fond, je suis très reconnaissant. »

Est-ce que le choix de ces instruments, c’est imposé à toi ?

J.O : « En faite, à l’âge de quinze ans, mon père nous a imposé l’école de musique. J’étais partie avec l’idée de jouer du piano. Mais mon professeur de musique m’a dit : «  Non, j’ai choisis un autre instrument ! Pourquoi tout le monde veut faire du piano ? Non j’ai trop de pianiste. Il y’avait plein d’instruments à vent ! »  J’ai donc choisis l’un des instruments qui était sur le sol ! J’ai choisis le saxophone alto. De là, après trois mois d’apprentissage, je suis devenu fou, fou passionné de musique. Lorsque je commençais. Après çà à juste évolué… J’ai acheté un soprano, après une clarinette, une flute, un piano. Lorsque je commençais le saxo, je composais au piano. Récemment j’ai ajouté à mon arsenal la trompette et la clarinette basse. »

 

Jowee - photo de Sylvain CherkaOui

Jowee – photo de Sylvain CherkaOui

 

Tu es multi-instrumentiste, j’ai vu dans le film Let’s Bash, que tu dirigeais ton groupe, que tu chantais aussi. C’est vraiment étonnant de découvrir les back-stages et de se rendre compte que tu es beaucoup plus qu’un musicien, tu as une maitrise de tous les instruments finalement.

J.O : « C’est un film, c’est comme ca que je veux le présenter. Dans ce film là, on a voulu présenter l’univers de l’album à travers l’un des titres. On voulait capturer la vibe de cet enregistrement là. Mario, le réalisateur, est trop fort ! Pour ce film, il y’a pris des rush durant 5 jours, mais il a des rush de moi  des quinze dernières années. C’est comme un frère. Il me connait et raconte une histoire dont il a été témoin. Mario montre les différentes dimensions de ma musique, de mes « vibes » … J’entends tellement de « vibes » que je veux ensuite rejouer avec mes instruments…

Je joue différents instruments mais je n’ai pas la même approche ni le même jeu sur ces différents instruments.  Je ne veux pas chanter comme je joue du saxo ou de la clarinette. C’est mon challenge, et c’est ca aussi qui me pousse à continuer la musique. Ceux sont des « vibes » différentes. Je suis toujours entrain d’essayer, de rechercher une autre authenticité dans un instrument où un autre. Je suis tout le temps dans la recherche et c’est infini !!! C’est ca l’enfant qui me tient éveillé… Je dors, deux ou trois heures par nuit dans le fond. »

 

 

 

Comment tu te définis ?

J.O : « Globale, si tu veux un mot, je dirais Globale Bash !! L’amour global. Ca inclut la musique, ca inclut tout !, l’humilité, la chaleur, la recherche, l’enthousiasme, le gout de découvrir les choses… »

Quels sont tes influences ?

J.O : « Oui bien sure ! On vient tous de quelque part. Miles, Coltrane, Hornett , Charlie Parker, Goerge Banson, Marcus Miller , Manu Dibengo, Fela Kuti , Salif Keita, Youssou Ndour. L’album de Youssou Ndour qui m’a le plus saccager, c’est Egypt. J’aime tous ces albums mais l’album Egypt , c’est celui que j’écoute en boucle ! Il a bashé graaaaave dans cet album !  Il y’a plein de sonorité, la richesse et la diversité de celles-ci,  les différents sons qu’il va chercher avec sa voie, le patchwork de couleurs. C’est drôle maintenant qu’on en parle, je me rends compte que consciemment ou inconsciemment j’ai toujours aimé le Sénégal…»

Pour en revenir à l’album, qu’est ce que tu attends de Let’s Bash ?

J.O :« On ne sait pas ce qui va se passer. Mais je n’attends que du bonheur, de l’amour. « Nio Far », on est ensemble. L’album aurait facilement pu s’appeler « Nio Far ».  J’espère que ca va juste continuer à grandir. »

 

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Quel est ton meilleur souvenir ?

J.O : « Si on parle aujourd’hui, mon plus beau souvenir était hier soir. Chaque pas, c’est ton meilleur pas pour arriver à ta destiné. Tu te donnes pleinement et donc tu n’as pas de regret ! »

As-tu un conseil à donner à un jeune musicien ?

J.O :« Restez fidèle à vous-même. Soyez honnête. Dans l’honnêteté on retrouve presque tous. L’amour, la joie, la paix, la sagesse… Si tu es honnête, tu ne veux rien qui soit négatif ! Ne regardez jamais derrière, avancer… En faite, on est des guerriers de l’amour et c’est une bonne chose. On est des guerriers pour notre passion. C’est un bon combat, mais il faut l’entreprendre avec honnêteté. »

Ou est ce que tu te vois dans dix ans ?

J.O : « Je me vois loin mais je ne sais pas où !! We just don’t known, what the futur hotested. La vie est remplie de mouvement…

Un mot de la fin ?

J.O : « I love you Sénégal. C’est un privilège pour moi… Désormais, on est ici ensemble… BASH !!! »

Si tu étais un instrument, lequel serais-tu ?

J.O : «  une contrebasse. Je dois m’en acheter une pour commencer à la Bashé !

 

 

 

 

Retrouver Jowee Omicil : Facebook ; Instagram .

Son site : http://www.joweeomicil.com/

 

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