Hot! Keyti

Keyti

J’ai croisé Keyti à l’institut Français, il y’a de ça une année. Aujourd’hui, je le retrouve chez lui, à Liberté 6. Dans son salon, accompagnée de ma collègue et ami, Aminata Sarr, nous échangeons autour de son parcours.

 Du haut de ces 39 ans, Keyti est un rappeur sénégalais, connu du grand public depuis 1998. Keyti est une emblème du mouvement Hiphop sénégalais. Il débute dans Rapadio. Le groupe sort deux albums dont le dernier parut en  2001.  Après cela, Keyti sort  un album solo en 2003. Il a également participé à différentes collaborations nationales notamment, avec le Dakar All Star. Keyti travaille beaucoup avec  l’internationale. Il participe à divers projets avec des artistes de l’Afrique de l’ouest, mais aussi des artistes anglophone, de l’Afrique de l’est. A temps partiel, Keyti est conférencier. « Je fais aussi, un peu de social. J’ai travaillé sur le Prison Tour. Ce qui me donne un petit côté activiste. »

En bref, l’artiste est connu et reconnu pour ces activités rapologique. Keyti s’intéresse sérieusement à la technique du rap mais aussi à la dimension sociale et politique.  Selon lui, nous avons raté la présentation du rap sénégalais sur un plan internationale. Nombreux sont les jeunes qui arrivaient dans le milieu, qui se limitent à une activité artistique. Mais le rap pour Keyti va au-delà de ça. Le rappeur doit avoir une conscience sociale, et politique. Il doit se baser là-dessus pour proposer quelque chose de musicale ou d’artistique. Je rejoins Keyti sur ce sujet. « C’est ça le fondement du rap. Il faut avoir ce côté activiste et être conscient de son environnement. »

Keyti a étudié l’anglais à l’université. Il obtient sa licence de langue. Ce n’est pas tellement pour le diplôme qu’il fait cette démarche, mais plutôt, pour avoir les bases pour pouvoir s’exprimer correctement, et arriver à travailler dans le monde de la music internationale. Il commence à écrire en 1988. Une rencontre change sa vie, et le lance dans le Game. Keyti écrit bien, et ses textes parlent d’eux même. Aujourd’hui, c’est le désert, comme il dit… « C’est beaucoup de découvertes, beaucoup de remises en question. Je suis à un moment de ma vie, ou j’ai rencontré plein de gens, j’ai été confronté à plein de choses. Le monde n’est pas noir ou blanc. » En accord avec sa maturité, Keyti a d’autres besoins, musicalement parlant. Au Sénégal les choses évoluent lentement. Le rap sénégalais est en retard selon l’artiste. Depuis quelques années, le rap Galsen n’est plus très présent sur la scène internationale. Les artistes africains, eux, ont compris que nous avions besoin de retrouver une certaine identité africaine. Et c’est de cette façon seulement que nous pouvons, nous positionner par rapport à d’autres pays. C’est ça, qui nous rendrait intéressant, affirme Keyti. La plus part, rappent en wolof, ce qui fait que l’intérêt du discourt, sur le plan international se perd. Aujourd’hui, il faut tous miser sur la musicalité des choses. Par ce que c’est la music, le langage universel.

« Heureusement, il y’en a, qui ont compris. Et qui travaillent. Je suis en attente de ces choses-là. D’une music fortement africanisé. A partir de ce moment, la passion reviendra. Je n’essaye pas de forcer les choses. Je m’en fou, si les gens m’oublient. C’est de la music, ce n’est pas du commerce, en tous cas dans un premier temps. Je suis beaucoup plus à l’écoute de moi-même. J’attends d’avoir la bonne music. »

Ainsi, l’appel est lancé. Keyti attend vos propositions. Depuis 2006, il a reçu de la music des plus grands, de très belles musiques, mais ce n’est pas ce qu’il recherche. Dernièrement, il a reçu des choses très intéressantes, notamment au niveau du tempo. « Je pense que le rap sénégalais a vraiment besoin de ça, des nouveautés. On ne peut plus être dans la rythmique américaine. » Keyti ajoute qu’un artiste doit varier ces textes, tous comme sa music. Sinon il tourne en rond. Au bout d’un moment c’est répétitif. Pour ne pas tomber dans tous ces trucs-là, Keyti a préféré, ne rien sortir, et faire de moins en moins de scène…

Mais Keyti n’as pas arrêté le rap. L’artiste a appris à se diversifier dans la music. Il y’a, aujourd’hui, beaucoup d’artistes qui font appels à lui. Comme un consultant, il met au service des autres ses connaissances et son expérience. « En fin de compte, le plus important, c’est la survie, il ne s’agit pas de faire la star… Le plus important pour moi, c’est de ne pas avoir à être dehors et à tendre la main. »  Keyti est également agent et manager. Vous avez surement entendu parler de la belle Njaaya, qu’il suit depuis quelque temps. « Quand on se lance dans une aventure, il faut se donner les moyens de se réaliser. » Il prend en exemple Youssou Ndour qui a appris durant sa carrière d’autres langues. Parce que c’est ça, qui ouvre les portes de l’internationale. Keyti prend également Awadi en exemple. Il y’a beaucoup de gens qui ont découverts le discours d’Awadi, avant de connaitre sa music. « D’où l’importance pour les artistes de bien communiquer. » Keyti déplore le manque de réactivité de certains artistes. C’est aussi, une des choses, qui ralentit l’industrie musicale naissante au Sénégal. Aujourd’hui internet, est un dès moyen de diffusion, les plus efficaces. Peu d’artistes consultent régulièrement leurs boites mails, ainsi, ils perdent, des contrats, des propositions de projet etc. Il faut se mettre à la page ; et maitriser les nouveaux moyens de communication. « Il ne s’agit nullement de voir nos ambitions à la baisse, mais il faut faire avec les moyens de chacun. » Au Sénégal, on ne peut demander aux acteurs culturels des cachets qui atteignent des millions. C’est en contradiction avec la réalité du pays.

S’il était un son, il serait, le rire de sa fille. Parce que c’est la plus belle chose qu’il est jamais entendu.

Sa parole de sagesse : « Acceptez d’être bête, et de faire des bêtises. C’est en faisant des bêtises qu’on arrive à être Sage. Il faut accepter que nous ne sommes pas parfait. »

 

 

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