Hot! Laure Tarot, l’autre visage de Bull Doff

Laure Tarot

J’ai rencontré Laure, il y a quelques mois de çà, lors d’un vernissage à la Galerie du Manège.  A l’époque, elle se présente face à moi, comme photographe. Mais Laure est bien trop modeste. Compagne et associée de Baay Souley, la jeune femme venue d’Avignon est aussi la codirectrice artistique de Bull Doff. Impressionnée par cette jeune femme,  d’une trempe incroyable, je décide d’aller à sa rencontre, dans sa tanière aux Mamelles. Reçue dans leur maison-atelier-bureau, Laure et Baay Souley m’offrent un café. Venue pour interviewer celle qui se cache derrière Bull Doff District, je m’installe dans le salon et démarre l’entretien.

« Je suis Laure Tarot, je viens du Sud de la France en Avignon.

J’ai eu un parcourt un peu éclectique. Une école internationale de langue, suivi d’une école de photo, fac d’histoire, et pour finir une licence et un master II en ingénierie culturelle… J’ai toujours beaucoup voyagé en Afrique.. »

Laure découvre le continent africain à dix huit ans. Elle visite d’abord le Burkina Faso et le Togo. « Lampes à pétrole, vie dans le ghetto… » Ce premier voyage est une bombe à retardement. Cette rencontre bouleverse complément Laure. Durant ces études, avec son Ecole de Photo, L’Atelier Nomade, Laure part quatre mois pour l’Afrique. De Nîmes à Tombouctou, Laure parcourt en poids lourds 20.000 km et traverse bon nombre de pays. Avec les Labos photos intégrés, ce voyage est riche en images. A leur retour, une exposition est mise en place. Le travail de l’artiste fait partie des œuvres exposées.

« Ca fait longtemps, que je n’ai pas fait d’expos, mais ça va arriver. J’ai envie de reprendre. Par contre, les mariages, les grandes fêtes, ne m’intéressent pas. Ce n’est pas trop la vision que j’ai de la photo. J’aime la photo d’art. Après mes deux ans de Photo, j’ai bossé pendant huit mois en France. »

En 2007, Laure s’installe au Sénégal pour six mois. Durant ce séjour, elle met en place, avec un ami artiste, des ateliers ( photos au Sténopé, arts plastiques, cours de français) avec des Talibés, issus d’un Daara de la capitale. Pendant un mois et demi, Laure travaille avec quatorze enfants.. Elle vit une expérience humaine au-delà des mots. Au bout d’un mois et demi, les deux artistes constatent une évolution dans l’apprentissage.

« On voulait réitérer l’expérience, mais après j’ai voulu  approfondir mes compétences et apprendre à monter des projets culturels. C’est un métier ! Après ça, je suis rentrée en France et j’ai intégré l’ICART à Paris, ou j’ai fait ma licence et mon Master 2. »

Laure décide de faire son stage de Master 1 à l’Institut Français de Dakar. D’abord en tant que Chargée de communication puis en tant qu’Assistante Galeriste. De fil en aiguille, Laure fait son stage de Master 2, chez Bull Doff. Suite à cela, elle s’installe définitivement au Sénégal. La rencontre avec Baay Souley, y est surement pour quelque chose ! Ca fait 3 ans maintenant que Laure fait partie de  Bull Doff District.

« On est deux sur la création, deux sur les concepts… Tout se fait à deux, après je fais la gestion et la communication, car c’est ce que j’ai étudié. Ce n’est pas juste créer des fringues… Il y a tout  un métier autour, que ce soit en en termes de mode, ou en termes d’events.  On essaye de développer des concepts, comme Les Chill Out au Charly. »

Les Chill Out ont lieu au Charly, tous les derniers dimanches après midi du mois. Tout est partie d’un constat de l’activiste culturelle. Dakar manquant quelques peu d’activités le dimanche, Bull Doff a eu l’envie de proposer au public un nouveau concept. Les Chill Out c’est des après midi pausées, où l’on se retrouve autour d’un mix easy listening. C’est un concept, ou petits et grands peuvent se retrouver et échanger. Les après-midi Bull Doff Chill Out se terminent sur un concert acoustique. Rencontrer les gens dans un autre cadre, c’est sympa !

« Après on prépare plein de gros événement notamment,  DaKREATIVES à l’Institut Français, le 11 Avril 2013. On a rassemblé un peu tout le monde, toute la nouvelle génération ; il y aura Jah Gal, Seraka, Design by Do, Eva Dara et Bull Doff. L’idée, s’était d’avoir une image plus ou moins large de la mode contemporaine dakaroise.  Du roots Baye Fall chez Doulsy, Street pur chez Bull Doff, African nomad paint pour Design by Do, petit tailleur pour Eva Dara, Afro pop pour Seraka… Y’en a pour tous les goûts. C’est la scène du XXI ° siècle, et c’est ça que tu vois à 80 % à Dakar. »

En effet, la cible des 15-35 ans ne porte plus de tenues traditionnelles. Le boubou se porte le Vendredi ou les jours de grandes occasions. Les dakarois de 2013 portent du Street Wear ou de l’ Ethnic Chic. Des vêtements stylisés aux imprimés de couleurs. La Next Génération est à retrouver le 11 Avril à L’Institut Français de Dakar. Rendez-vous, donné !

«Même dans cette idée là, on n’est pas parti dans quelque chose de simple. Ce ne sera pas qu’un défilé. J’ai différentes cordes à mon arc, l’événementiel, la photographie… et Sooley c’est la danse, la musique. A nous deux, les idées ne manquent pas. On essaye ensemble de faire bloc. Tu regardes toutes les grandes Fashion Show aujourd’hui, il y a un décor, une mise en scène

Le 11 Avril 2013,  pour le défilé DaKREATIVES, Mao Prod réalisera la création sonore et Muzz Design la création graphique. Cinq créateurs, cinq défilés, cinq univers… Une ville : Dakar. Vous pourrez retirer votre invitation à l’Institut Français.

                «L’envie de Bull Doff, c’est d’arriver à avoir une plate forme autour des cultures urbaines. En termes de fringues, mais aussi de musique, d’expositionsOn tend à booster le reste. »

Bull Doff, c’est aussi une émission musicale de télévision, la musique avec les sessions Urban Zik Come Unity qui arrivent bientôt «Demain ce sera peut-être monter une exposition… les idées ne manquent pas. Comme dit Sooley : j’ai trop d’idée, et à un moment donné tu ne peux pas tout faire. »Vous retrouverez bientôt le site de Bull Doff District.

 

Laure rentre en France deux fois par an. En Avignon, elle retrouve sa famille et prépare l’arrivée de la marque. En effet, Bull Doff aimerait s’implanter en France. La Marque est déjà présente à Paris, au Forum des Halles. On commence à  trouver des lieux à droit et à gauche, ou on peut exposer la marque, mais on aimerait être encore plus présent sur le marché européen. En France, seul « So and so », et « Africain Pulse » exposent des créateurs Made in Africa et de la Diaspora. L’ambition de la marque est de proposer autre chose, une mode à l’image de l’Afrique contemporaine, urbaine et universelle.

 « Etre femme artiste, c’est un long discours. Mais aujourd’hui il existe une génération de femmes activistes pour l’art. Au Sénégal on pourrait citer dans différents domaines, Fatou Kandé Senghor, Selly Raby Kane et bien d’autres. »

« L’histoire de l’art a été cruelle avec les femmes. Leur travail n’a cessé d’être refoulé, oublié ou écarté dans le registre de l’exception, catégorié comme appartenant à « l’autre sexe » . Exclues de certaines pratiques traditionnelles, elles se sont vues accorder la spécificité d’un art « féminin », porteur de tous les préjugés que l’on attribue au genre. Toutes ces idées ne sont pas des spécificités occidentales, elles se sont appliquées et le sont encore de nos jours en Afrique et ailleurs. Mais grâce à un long cheminement aux obstacles nombreux, elles ont pu aujourd’hui obtenir une certaine reconnaissance en tant qu’artiste, même si la bataille est encore loin d’être terminée. »

( Extrait de Thèse, Femme et création : du rituel au contemporain L’exemple du Sénégal, Laure TAROT)

Mots de la fin : « Bull Doff !»

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