Hot! Lettres de Verre par Ken Sy.

Lettres de Verre, Elsy

Exposition du 14 au 30 Juin, à la Galerie Bookoo

Lettres de Verre par Ken Sy.

Il y’a quelques  jours de çà, je me suis rendue au Sea Plaza, pour voir l’exposition d’Elsy, Lettres de Verre.

Ayant raté le vernissage, je voulais absolument voir les derniers travaux de papa… Ecrire cet article aujourd’hui, c’est me demander de franchir une porte qui depuis des années est fermée, cadenassée.

Augusta Lopez, la charmante et sympathique galeriste de l’espace Bookoo du Sea Plaza m’a demandé d’écrire quelques mots et de partager avec  vous mon point de vue, celui de la bloggeuse mais aussi celui de fille de l‘artiste. J’ai mis dix jours à écrire ces mots. Incapable de me lancer, j’étais comme le chanteur privé de son organe vocal.  Les mots ne voulaient pas sortir…Un Syndrome de la feuille blanche combiné avec un manque de courage, ou simplement une volonté, celle de ne  pas ouvrir le « Livre » Elsy.

En effet, il est difficile d’écrire sur un homme, un artiste de cette envergure, un philosophe, un maître d’art,  un activiste tel qu’Elsy.  Avec son diplôme de l’Ecole Nationale des Beaux Arts (obtenu en 1977) sous le bras, Elsy a parcouru  le monde de la culture pendant pas moins de trente années. Au Sénégal ou à l’international, l’artiste plasticien est reconnu pour ses œuvres. Pour moi, Elsy représente bien plus que la culture au Sénégal, c’est mon artiste de père.

Pour en revenir à nos moutons, cette exposition m’a marquée. La trentaine de pièces composées de verre cassé, de plâtre et d’acrylique représentent des portraits. La  série me fait penser aux portraits des rois, comtes et duchesses posés là, dans des couloirs immenses, perdus dans les maisons et châteaux de l’ancienne noblesse…  Portraits des anciens, surveillant de près les générations et générations à venir.

 

 

Visages anonymes « la nouvelle Sénégalaise », ou visages plus connus, « Senghor » ; tous ces hommes et femmes parlent. En entrant, j’eu cette drôle d’impression, vous savez, quand vous arrivez dans une discussion et que tous s’arrêtent et vous observent.  J’interrompais un « wakhtan » et j’étais en même temps curieuse de savoir… Lettres de Verre, est pour moi un témoignage. Un échange, une communication difficile entre trois mondes.

Le premier celui lui de l’artiste, où Elsy discute avec ses personnages. Le second celui des portraits, où ceux-là témoignent et partagent avec nous leurs histoires, notre histoire. Enfin, le dernier, le monde actuel, notre société, ou l’échange s’effectue entre  l’artiste et le publique. La Communication y est plus difficile, presque brisée, comme un miroir à rapiécer.

J’arriverais presque à imaginer une discussion à trois, sur une plateforme contemporaine, genre Skype ou les Hangouts de Google+.  Non plus sérieusement, je voyais  à nouveaux cette enfant, qui à une certaine époque, restait assise des heures sur les genoux de sa mère, afin d’assister aux discutions des grands ! J’entends encore ma mère me raconter les après-midis de débat et philosophie dans la cour de Joe Ouakam. Ah, pardon ! Tonton Joe, comme il y tient à son « Tonton Joe ».

 

 

Devant ses portraits presque familiers, jalouse, je ne pouvais m’empêcher  de penser que tous ceux là, chanceux, eux, avaient  une relation avec mon père. J’ai retrouvé Elsy, il y’a deux ans de çà. A la recherche de mon histoire, je redécouvrais un monde, ce milieu un peu étrange, ou créativité et liberté se côtoient tous les jours en dépit des conséquences. De ces retrouvailles naquit Wakh Art, je pense aujourd’hui, que cette étape a été pour moi, la première lettre à Elsy.

Lettres de Verre est comme un écho à notre relation, quelque chose de  fragile, naissant. Oui, Lettres de Verre, me fait penser à nous. Mémoire Fracturée ? Passé et avenir en construction. Je retrouve aussi le Sénégal dans tout ça. Nos difficultés quotidiennes, les incompréhensions de certains, l’amour et la passion de cette vie qui nous détruit.

 

 

 

N.b :

Naissance d’une galerie d’art
Bookoo,  en langue ouolof est « l’esprit de partage, de solidarité et de paix qui doit unir les peuples et les cultures ». C’est ainsi que Mohamed Bamba M’bengue et Augusta Lopez ont voulu appeler leur galerie.
Car avant toute chose ils la voulaient espace de partage des multiples expressions de l’art visuel contemporain.
Mohamed Bamba, Khadim pour les intimes est un banquier recycle dans le BTP et Augusta  professeur en collège et lycée s’est reconvertie dans l’intermédiation.
Passionné d’art depuis toujours, Khadim caresse le rêve d’un projet dans le domaine artistique mais l’idée est encore floue et puis seul, l’aventure semble moins excitante. Ce n’est que tout début 2013, qu’il fait la connaissance d’Augusta qui partage sa passion. Ensemble ils construisent et donnent corps au projet de galerie d’art contemporain et de design BooKoo.

La galerie BooKoo
Le Sénégal et Dakar en particulier accueille depuis 1992 la Biennale de l’art africain contemporain. Cette manifestation, la plus importante du continent dans le domaine de l’art, a contribué à faire de notre pays non seulement un tremplin pour les artistes du continent mais également un lieu privilégié de production artistique.
Une créativité foisonnante qui souffre d’un manque cruel de visibilité car peu d’espaces dédiés. Dakar en effet ne compte point encore de musée d’art contemporain. Aussi, il semblait naturel presque une évidence d’offrir à nos talents un nouvel espace d’expression.
La galerie BooKoo se veut un lieu ou s’expriment toutes les formes d’expression de l’art graphique visuel contemporain.
Nous l’entendons un lieu de culture et de partage, un espace de promotion des artistes locaux et africains contemporains.
La galerie BooKoo compte offrir à tous, collectionneurs, amateurs d’art, critiques d’art, journalistes culturels, profanes… un espace convivial d’échange.
La galerie BooKoo se veut un espace dynamique. Elle  propose une programmation disponible sur son site web www.galeriebookoo.com  et s’engage à organiser au moins trois événements par an.
Notre newsletter donnera en temps opportun tous les détails relatifs aux manifestations programmées aux abonnes (voir lien sur le site).

Puisse toutes les bonnes volontés de notre pays (institutionnels, professionnels des arts et de la culture, collectionneurs, amateurs d’arts, artistes, passionnés, etc…) nous soutenir dans notre démarche sincère d’accompagner les talents de ce pays et ainsi témoigner du formidable dynamisme de la scène artistique contemporaine du Sénégal et apporter notre modeste contribution au développement de l’édifice culturel de notre pays car comme le disait le président poète Léopold Sédar Senghor: « la culture est au début et à la fin du développement ».

Augusta Lopez et Mohamed Bamba M’bengue

http://www.galeriebookoo.com

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L'art comme facteur de développement.
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