Lydol

Lydol

 

J’ai rencontré Lydol, il y’a quelques semaines  de ça… L’artiste d’origine camerounaise était de passage à Dakar, dans le cadre du Festival Afropolitain Nomade et avait décidé de prolonger son séjour de quelques semaines , poussée par une envie de profiter de son passage pour faire d’autres scènes et aller à la rencontre d’autres artistes de la scène musicale sénégalaise … Un après-midi d’aout c’est ainsi qu’elle me retrouvait à la Boite à Idée,  autour d’un Bissap frais, Lydol revenait sur son parcours, ses projets et son premier album Slamthérapie.

 

 

Qui est Lydol ?

« Slameuse un peu folle, timide, mélancolique, mais qui essaye dans chacune des situations de garder le sourire… »

Quelle est l’histoire, comment en es-tu arrivé au slam ?

« Petite, j’étais très timide. Je n’avais pas le courage de m’approcher des gens, de jouer avec les autres enfants et à chaque fois que quelque chose m’arrivais je me réfugiais dans l’écriture, j’avais un journal a qui je racontais tout. C’était comme un ami que j’aurai aimé avoir. Quand je suis arrivée au Collège, la situation ne s’est pas beaucoup améliorée surtout quand on te surnomme « Jean École ». J’essayais de m’ouvrir davantage, y’avait des personnes avec lesquels j’arrivais à converser, avec qui je déjeunais à la pause. Plus tard, je m’inscrivais au club de danse mais au fond ce que je voulais c’était chanter…

Il y a une compétition chez nous qu’on appelle Challenge Vacances. J’avais quinze ans et je me baladais à l’Institut Français et mes amis m’ont poussé à m’inscrire et à prendre part à la compétition.  J’ai participé dans la catégorie chant jusqu’en demi finale régionale. On m’a éliminé mais j’étais contente d’être arrivée jusqu’à là. J’ai décidé à ce moment de mieux me préparer et de m’inscrire l’année suivante.  Durant l’année je me suis inscrite à l’orchestre du Collège, puis à la chorale à l’Eglise. J’étais dans les clubs de chant, je participais aux compétitions. Les vacances arrivent, je retourne à Challenge Vacances. J’arrive au casting, je fais une chanson que j’adorais et que j’avais interprétais plusieurs fois et on ne me prend pas. J’étais perdu, qu’est ce qui n’a pas marché ? Je ne comprenais pas.  

 

Photo Lydol (21)

 

Le jury me voyait perplexe et m’encourageait à m’inscrire dans une autre catégorie. Oui mais laquelle ? Rap ? Non  je ne savais pas raper… Miss ? J’étais trop courte pour ça. Humour ? Hum… Non. Sur le coup mon ami Marty (Moustik Karismatik) m’a proposé d’essayer une nouvelle catégorie, le Slam qu’il m’a décrit comme étant « De la poésie, autrement ». Je suis rentrée, j’ai écris un texte sur ma mère et le lundi suivant je suis retournée au casting avec mon texte. J’ai déclamé et j’ai été retenue…. J’ai fait les huitièmes, les quarts, la demie finale puis la finale nationale que j’ai remporté. J’étais tellement heureuse. Heureuse de voir que d’autres avaient vécu la même chose que moi et pouvaient être touché par mes écrits.  Je me suis dit que j’allais peut-être bien continuer avec le Slam.

Par la suite j’ai eu mon bac, je continuais à écrire pendant mes années universitaires. J’essayais d’écrire des choses sur ce que je vivais, ce que j’entendais… j’ajoutais des figures de styles, j’améliorais peu à peu ma façon d’écrire. En 2013, il y’a eu une autre compétition « The Spoken Word Project » , lançée par le Goethe-Institut d’Afrique du sud et reprise par les autres Goethe Institut à travers 8 pays sur le continent. J’ai eu la chance d’être sélectionné. Le Vainqueur allait représenter le Cameroun dans un autre pays. Pour la finale on était dix. J’ai slamé un texte en anglais.  J’ai donné le meilleur de moi et j’ai remporté la compétition. J’ai pleuré toute les larmes de mon corps (Rires). On m’a pausé le drapeau du Cameroun sur les épaules. Ce geste m’a fait prendre conscience de la responsabilité que c’était. Je suis allée en Angola. C’était une expérience qui m’a beaucoup marqué et inspiré pour faire d’autres choses chez moi, au Cameroun.

J’ai commencé a organisé quelques scènes et à m’impliquer plus dans les ateliers avec le collectif de slameurs auquel j’appartenais désormais. L’institut français nous a beaucoup soutenus. L’année suivante, j’ai été invitée en Afrique du Sud, sur un festival international de slam, Poetry Africa. Il y’avait dix sept poètes venus du monde entier. C’était un autre niveau. En revenant d’Afrique du sud, j’ai voulu amené les choses plus loin. On a organisé des spectacles, on a commencé à passer dans les médias locaux etc … J’ai lancé un concept entre slam et science avec le Goethe Institut, Science Slam. L’idée était que les scientifiques puissent présenter leurs travaux de façon artistique en s’appuyant sur la poésie. Ça a bien marché ! Là on prépare déjà la huitième édition.

 

Lydol FAN 2018

 

En 2016, j’ai participé au concours l’Afrique à un incroyable talent. Cette expérience m’a vraiment ouvert des portes. Je n’ai pas gagné le concours mais je bénéficie de cette visibilité jusqu’à aujourd’hui. Grace à cela j’ai pu faire beaucoup de choses, j’ai pu aller en France, au Tchad, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, je suis retournée en Afrique du Sud. Les gens ont su qu’il y’avait aussi des slameurs au Cameroun. Cette année on a lancé un festival entre Slam et stand up, Slam’Up. On sort de Yaoundé et on organise des évènements dans d’autres villes du pays. La première édition sous le thème « Des vers et des vannes contre la violence » s’est bien passée. On prépare la prochaine.

Afropolitain Nomade 2018

«  L’année dernière, je voulais participer mais je me suis inscrite trop tard. Quand j’ai vu l’ouverture des candidatures pour l’édition 2018, j’ai déposé mon dossier et j’ai eu la chance d’être retenue. C’est comme ça que je me suis retrouvée à Dakar pour la seconde fois. C’était une expérience formidable ! Etre aux cotés d’autres artistes venus d’un peu partout, des personnes talentueuses qui font tant de belles choses. Ces rencontres, ces scènes, les morceaux qu’on a enregistré, c’était énorme ! J’ai beaucoup appris ça m’a donné envie de faire encore plus pour le slam. »

Quels sont tes projets pour le reste de l’année ?

« Il y’a la première édition de la coupe d’Afrique de slam en novembre où je suis invitée spéciale, c’est génial et j’ai trop hâte ! Il y’a la huitième édition de Science Slam. J’ai sorti un album en Avril, que j’ai pu présenter à Yaoundé, j’aimerais avant la fin de l’année pouvoir le présenter à dans d’autres villes. »

 

Photo Lydol (12)

 

Slamthérapie, ton premier album.

« Oui, c’est mon premier opus. Pendant longtemps je n’ai fait que des spectacles et des compétitions. Quand les gens me demandaient comment m’écouter, je leur envoyer des liens Youtube , à un moment je me suis dit qu’il fallait que j’enregistre et pose mes textes sur un support que je pourrais partager avec le public et les personnes qui aiment bien ce que je fais. Un de mes amis venait d’installer un studio et m’a proposé d’enregistrer chez lui. On a enregistré deux slams puis il m’a fait écouter mes voix avec les mélodies. Ça m’a donné envie de reprendre les enregistrements. Par la suite on a sorti un single « D’un autre », puis un clip et le single « Amina ». Le public était assez réceptif et m’a demandé plus de morceaux, du coup j’ai repris le chemin du studio et j’ai enregistré tout un album.

Avec le temps le slam est devenu plus qu’une passion, c’est devenu une thérapie, une façon pour moi de me sentir mieux. Dans « Slamthérapie » Je raconte comment le slam à changer ma vie. Je parle de ma mère, de relations amoureuses, de notre société, j’essaye de partager mes émotions et de sensibiliser à ma façon ceux qui m’écoutent.

 

Cover

 

Où en est le Slam sur le continent ?

«  Disons qu’aujourd’hui, il y’a comme une vague… On est là, on existe et aux yeux du monde on compte. Il y’a un réseau panafricain de slameurs. On se connait quasiment tous. On est en contact et on voit ce que chacun fait de son côté …  Il y’a une belle évolution du slam, et le slam est de moins en moins considéré comme un art mineur.»

Si tu étais un objet tu serais quoi ?

« Une lampe parce que j’aime le côté traditionnel et cette idée d’apporter à la fois de lumière et de la chaleur. »

Au vue de ton expérience, t’aurais un conseil à partager ?

« Toujours croire en ce qu’on fait et ne pas avoir peur d’oser… »

 

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