Hot! Manden

Manden

 

 J’ai rencontré Manden il y a quelques années de çà. À l’époque, il travaillait avec de Mamadou Diallo sur ce superbe magazine qu’était RÉCIDIVE. C’était la période électorale et Manden faisait partie de ceux qui étaient pour les manifestations contre le gouvernement en place. Cette fois, c’est au cœur de la Boîte à Idées, un après-midi de Mars, qu’on se retrouve, pour échanger sur son parcours de bosseur et ces différents projets.

 

Manden - Studio des Vanités - Omar Victor Diop

Manden – Studio des Vanités – Omar Victor Diop

 

Comment te définis-tu aujourd’hui ?

Je suis Mandé Mory BAH et Manden est une contraction de mon prénom. Je suis un récidiviste téméraire en retrait. J’ai une approche peu virtuelle des relations humaines, quelles soies professionnelles ou non… Je réfléchis beaucoup à ce que je peux apporter à mon époque et laisser aux autres générations. Je suis parfois très indisponible pour moi, parce qu’en général, j’accorde plus de temps aux autres…

Et d’où vient ton nom Manden Loriginal ?

De mon père ! Dans la ville où j’ai grandi, à Nzérékoré (Guinée, Conakry), comme tous les ados de mon âge, j’avais un pseudonyme et c’était Bill Gates. À l’époque, en 2002-2003, j’étais l’un des rares enfants dans la cité à disposer d’un ordinateur. Du coup les grands m’appelaient Bill… À l’inverse, quand je grandissais, mon père m’a poussé à garder mon prénom, le trouvant plus original. Voilà comment « Loriginal » s’est rajouté à Manden. J’ai associé cet adjectif à mon prénom plusieurs années avant de sobrement garder Manden.

 

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Comment en es-tu arrivé à intégrer ce Dakar créatif ?

Quand je suis arrivé à Dakar en 2009, pour les études supérieures, j’avais 17 ans, et c’est ici, que j’ai découvert le secteur culturel. En guinée, il n’y avait pas autant de foisonnements. J’ai obtenu mon premier job chez Intelligences magazine et c’est d’ailleurs là que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon futur associé, Mamadou Diallo, avec qui en 2012, nous montions le magazine culturel RÉCIDIVE. C’est ma passion pour l’information, le journalisme et les images qui m’ont poussé vers la culture et le sport. Au fil des années, je découvrais autres choses. Les sports alternatifs comme le surf, le skateboard, le roller, toutes ces choses que je ne voyais pas en Guinée. Il y avait toujours de nouveaux artistes, concepts ou événements à découvrir. En grandissant dans l’Information, j’ai eu envie d’apprendre plus sur ce qu’il se passait. J’apprécie l’art et la culture et mon intégration dans ce milieu s’est faite naturellement.

C’est cette volonté de trouver des références locales en matière d’information, qui vous a donné envie de créer « RÉCIDIVE » ?

Exactement ! Et l’idée fut de créer un magazine. Nous avons opté pour l’option digitale parce que les coûts d’une impression papier n’étaient pas supportables. Nous ne gagnions pas grand-chose avec ce projet car il n’y avait pas un véritable modèle économique. Notre seule volonté, était d’informer. Mais ce choix nous a rapidement montré ses limites. C’était un travail colossal, qui prenait du temps et de l’argent. Nous avons dû mettre le projet en stand-by au bout de deux ans, en 2014.

 

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Tu es aussi un chineur ou disons un blogueur mode ou du moins le créateur d’une plateforme qui vend des produits de mode et accessoires vintage. Quelle est l’histoire derrière ce projet ?

Ce projet est en lien avec mon rapport au milieu créatif. Autant j’apprécie la culture et le sport, autant je suis un passionné de mode. À une époque, j’ai pensé à créer une marque de vêtements, au fil des rencontres et échanges avec les professionnels du secteur, je me suis rendu compte que cette initiative demandait une expertise que je ne disposais pas. J’ai découvert par la suite l’existence d’un marché inexploité : La distribution. Alors j’ai envisagé la création d’une plateforme qui réunirait les créateurs indépendants et distribuer leurs produits au public local mais de façon plus originale et propre comme ailleurs.

Échec ! Il s’est avéré que ce n’était pas possible. La négociation avec les créateurs n’a pas abouti. Confiant de l’idée que la distribution de la mode en ligne était un marché inexploité, je me suis tourné vers la fripe. Objectif : rendre accessible au grand public des produits minutieusement chinés dans la friperie. En 2016, j’ai élaboré mon plan, mis de l’argent de côté et fin d’année 2017, avec mes partenaires, Pape Ibrahim (Iceberg) et Thibault (Sherlock), nous avons lancé officiellement la plateforme Donkafele.com. On trouve des produits. Le terme « Donkafele » se rapporte à la friperie dans mon pays d’origine. Je n’ai pas cherché loin, le choix s’est fait tout de suite et je suis passé à autre chose.

 

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Quelles sont les ambitions de la plateforme ?

Dans la sous-région, nous ambitionnons d’être une référence dans notre spécialité, c’est-à-dire la mode urbaine et le lifestyle.

Quand on est intéressé par un produit, comment ça se passe ?

Nous ne vendons, pour le moment, qu’en ligne et les 99 % des pièces vendues sur le site sont uniques… Pour passer une commande, la procédure est, à peu près, la même que sur les autres sites : le client renseigne ses informations personnelles, une fois la commande reçue et traitée, nous le livrons gratuitement à vélo dans la ville de Dakar. Il faudra attendre entre deux et cinq jours. Le paiement s’effectue en espèces à la livraison.

 

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Pour en revenir à « RÉCIDIVE », vous préparez un retour. Est-ce que tu peux nous en dire plus… ?

Au début de RÉCIDIVE, en 2012, nous voulions produire un magazine culturel. Avec les manifestations préélectorales et les élections présidentielles de l’époque, nous nous sommes vus confrontés à une réaction massive et violente de la société. Tous les artistes que nous rencontrions avaient d’une manière ou d’une autre participé à ces mouvements sociaux. La société s’est donc invitée dans notre travail. Mais le format de publication contraignait le public à attendre un à deux mois pour lire nos articles.

Avec cette reprise, nous avons décidé d’être plus réactifs et d’élargir un peu plus les sujets traités tout en gardant la qualité dans le travail que nous faisons. RÉCIDIVES, maintenant avec « S », sera un site d’informations dédiées à la culture et la société. L’image et la vidéo seront au centre. Il y aura des brèves, des enquêtes et des reportages originaux. Nous sortirons périodiquement, des documents imprimés et la première édition est prévue pour la Biennale. En attendant, la reprise est pour le 16 mars 2018.

 

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