Mauaya Jua

Mauaya Jua

 

Je recevais il y’a quelques semaines de çà, dans le jardin de la Boite à Idée, l’interprète Mauaya Jua, que je connu d’abord sous le nom de Lajoya, une femme entrepreneur d’origine congolaise, à l’initiative de Yakoma World, rencontré quelques années auparavant dans la jungle dakaroise. J’étais heureuse de la revoir dans ce contexte avec une nouvelle identité celle d’une artistique et surtout un premier album intitulé Motema. Mauaya Jua avait sauté le pas et avait enfin donné de l’attention à son âme d’artiste et à cette voix fabuleuse qui vit en elle.

 

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D’où viens de ce nom ?
« Mauaya Jua c’est du swahili, ca veut dire la fleur du soleil. C’est un clin d’œil à un ami qui m’appelle ainsi. J’ai trouvé ca très poétique et adorable le faite qu’il me perçoit comme ca. Et j’ai donné ce non à mon cœur en hommage à mère qui l’habite éternellement. Pourquoi le swahili, parce que chez nous on parle cette langue. Je suis d’origine congolaise et zaïroise. Ma mère parlait cette langue et j’aime beaucoup, je l’a trouve très chantante. »

Comment en es tu arrivé là ?
«Tu as eu l’occasion de m’entendre chanter, j’aime çà et j’ai toujours aimé çà. J’ai longtemps mis cette passion de coté, au début pour mes études après pour ma vie d’épouse et puis ensuite ma vie de mère. L’écriture est aussi quelque chose qui m’a toujours accompagné… J’ai eu un déclique après avoir gagné le concours de poésie organisé par le collectif Vendredi Slam, qui dénoncé les violences physiques et morales faites aux femmes. J’ai également participé à une scène du Vendredi Slam. Je suis arrivée sur cette première scène le cœur prêt à exploser. Pour enlever tout ce stress, avant de déclamer mon texte j’ai chanté. Ca m’a fait du bien et j’ai eu une certaine attention du publique. C’est devenu un rituel. Au sortir de cette expérience j’ai vu que je pouvais conjuguer mes deux passions, celle de l’écriture et du chant.
Par la suite j’ai été contacté par un compositeur, du nom de René. Il m’a proposé un morceau qu’il avait réalisé suite à cette prestation. Il m’a invité à venir au studio, Chalom Production et m’a encouragé à voir ce que ca donnerait d’enregistrer ma voix sur sa mélodie. Ce morceau est devenu « Philosophie », le premier titre de l’album. Voilà comment ca a commencé et puis un mois et demi plus tard, on avait enregistré onze titres. René a composé toutes les mélodies à partir des idées qu’on avait. J’ai écris sur les morceaux au fur à mesure. Je pense que finalement j’avais beaucoup de choses à dire au vue de mon expérience de vie. »

 

 

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Pourquoi démarrer l’album par Philosophe ?*
« Dans ce texte là je parle de moi. L’album a vraiment été un feat back sur mon parcours de vie. Philosophe est un peu la conclusion de ces expériences et je trouvais qu’il introduisait bien toutes les histoires de je raconte dans l’album. Tous les titres sont liés et la chronologie des morceaux est importante. »

Philosophe c’est aussi le premier clip de l’album.
« Lors du Festival de Jazz, je suis allée à Saint-Louis avec Gael Hottmongo. J’ai rencontré une famille, la Famile Thiam et donc Ajar Thiam qui est aussi slameuse, la fille d’un grand musicien saint-louisien , qui nous a accueillit chaleureusement chez elle. L’accueil qu’on m’a fait et cette maison, j’ai eu l’impression de retrouver ma mère. Quand j’écrivais le scénario du clip, j’ai voulu que la personne qui cherche son chemin, celle dont je parle dans le morceau, finisse là-bas, dans cette maison d’artiste. C’est l’histoire d’une petite fille créative, qui aime l’art. On la voit grandir dans les étapes de sa vie, et on la va la voir se battre pour exprimer cette passion. Souvent les gens veulent vous poussez à abandonner votre passion où à en faire un passe temps. Je pense qu’il est important d’accompagner les passions et de les laisser s’exprimer. Surtout que c’est votre voix et moi profond qui s’exprime. »

Comment tu définis le genre musical dans lequel tu t’inscris ?
« Je ne veux pas être attaché à un genre en particulier. Cet album là est la somme de toutes les influences musicales que j’aime. Quelque part j’ai cherché à le faire comme ca pour ne pas être catégorisé dans un style. Je me définis en tant qu’artiste qui vogue sur plusieurs styles musicaux. Je me les approprie, je mets ma sensibilité je mets ce que j’ai envie de mettre dedans et je n’ai pas envie d‘être catalogué. Il y’a de tous. Il y’a du gospel, de la soul, du raggea. C’est toutes les voix de mon cœur, toutes les inspirations qui vivent en moi. J’aime voguer sur plusieurs choses… C’est un melting-pot. J’aime bien aussi cette idée de mélange. Ca me renvoi aussi à mes origines qui sont aussi très métissés. J’ai un ami qui me dit : c’est du slam-métaphysique ! »

 

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Est-ce que ton métissage s’exprime aussi dans les textes ?
« Il y’a des morceaux en lingala, il y’a aussi des morceaux où tu peux trouver du sérère safene, sérère du sin et du bambara. Ça vraiment été un retour aux sources pour moi, parce que je comprends le Lingala mais je ne le parle plus. J’ai du réapprendre ma langage pour produire ces textes. J’ai puisé dans mes souvenirs, dans ce que ma mère a pu me transmettre, dans ma culture congolaise. J’ai l’impression quelque part que ma mère m’a accompagné dans la réalisation de cet album. Je pense que c’est aussi une façon de lui rendre hommage finalement. »

Motéma est sortie le 11 juin en version digitale, quels vont être les prochaines étapes pour toi ?
« Tu sais, je débute la dedans, donc j’ai du me renseigner et voir comment faire les choses et dans quel « ordre ». J’ai eu la chance d’être accompagné par Coco Jean et sa structure, qui appuie les aspects médias et communication. J’ai fait quelques radios et interviews. J’ai joué à la Cave à Jazz de l’hôtel le Djoloff. J’ai d’autres rendez vous avec notamment certaines chaines de télévision… J’aimerais pouvoir diffuser mon message au Sénégal puis en Afrique. J’aimerais que l’album voyage dans d’autres pays. J’ai envie de dire que c’est possible de faire les choses et de bien les faire.
Je me sens bien dans ce que je fais.je pense que quand tu es dans une optique de partage, il n’ya pas de raison que ca n’aille pas. J’ai des projets de vidéos, des projets avec les enfants. J’aimerais utiliser mon art pour sensibiliser les gens sur les problèmes qu’on a. Je pense qu’il faut en parler et c’est aussi le devoir d’un artiste. Si dieu me donne les moyens de mes ambitions, j’espère pouvoir mettre en place des choses. Etre dans l’action pour trouver des solutions et faire bouger les choses. »

 

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Si tu étais un objet d’art, qu’est ce que tu serais ?
« C’est difficile. Je pense que je serais le pinceau d’un peintre. Je serais un moyen plus qu’une création artistique. Son pinceau préféré quand même. Rire. Je pense que, oui je serais un outil pour exprimer quelque chose. »

Un mot de la fin ?
« J’espère qu’ils aimeront ce qu’on a fait. L’album s’appelle Motema, ca veut dire le cœur en lingala. Je pense que toutes les personnes qui ont contribué à cet album, l’ont fait avec le cœur. J’espère que les gens se retrouveront dans ce parcours intérieur. J’ai l’impression que Dieu cache les plus belles choses de la vie, derrière les heures les plus sombres. Donc il faut se battre et ne jamais renoncer. »

 

Retrouver Lajoya :
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L’album Motema sur Musikbi & Ziksen

 

Lartiste sera en concert ce vendredi au Playclub en première partie de Cheikhlo.

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