Parfait Ikouba

Parfait Ikouba

 

J’ai rencontré Parfait durant la soirée VIP organisée par la structure événementielle Yakoma World. Le styliste d’origine camerounaise avait présenté durant la soirée  une collection de trente pièces autour de la thématique Afro-Chic. Quelques jours plus tard, Parfait Ikouba me retrouvait à la Boite à Idée, pour une entrevue Wakh’Art. Ainsi à l’ombre du manguier, dans la cour de notre espace créatif, j’interrogeais Parfait sur son travail, ces ambitions et cette Afrique créative, moderne et innovante à laquelle il appartient.

 

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Parfait

Parfait : «  J’aime tout ce qui est doux et fin. Globalement, je n’aime pas ce qui est surchargé. Je suis quelqu’un de discret et j’aime que mon travail parle tout seul. Je vis à Dakar depuis quelques années. Après mes études en Tunisie, je n’avais pas envie d’aller en France ni dans un autre pays hors de l’Afrique. Généralement, les plus talentueux, à ce qu’il parait, vont systématiquement en Europe. Mais j’ai choisi de venir en Afrique. J’aurais pu également rentrer au Cameroun, mon pays d’origine,  après mes études de mode mais je ne voulais pas bénéficier de la notoriété de mes parents. J’ai donc préféré venir au Sénégal où je ne connaissais personne pour démarrer et construire ma marque. Depuis deux ou trois mois, l’envie me vient de partir en Asie, découvrir et explorer la mode asiatique.  »

Parfait : « J’ai fait des études en banque, j’y ais travaillé, j’étais chef de projet et un vendredi, j’ai claqué la porte. J’ai du tout reprendre à zéro. J’ai commencé la couture en 2011, j’ai été diplômé en 2014 et j’ai commencé à travaillé en 2015. Donc je suis encore un petit novice (rires).

En 2013, j’ai participé au FIMA au Niger, j’étais à ma deuxième année d’études de styliste et modéliste. Je suis sorti deuxième du concours. Par la suite, j’ai été repéré par Adama Paris qui m’a invité à la Dakar Fashion Week. Après j’ai participé à l’Ethno Tendance en Belgique, à la Black Fashion Week de Paris. »

 

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Son Processus de création

Parfait : « Cela dépend des collections. Il y’en a où je pars des silhouettes, du tissus… Souvent je dessine en fonction de la musique que je souhaite utiliser pour le défilé. Après avoir dessiné quelques silhouettes, je réfléchis aux couleurs et accessoires. Dans le cadre de la collection Afro-chic, j’ai pensé à la couleur moutarde, même si aucun des modèles ne portaient du moutarde. J’ai utilisé de la crêpe, du lin, de la crêpe pailletée, du satin et de la dentelle.

C’est vrai que la dentelle est une matière que j’apprécie et qu’on retrouve souvent dans mes collections. Je ne sais pas, je me dis chaque styliste à son truc. Peux être que, le fait d’avoir étudié la haute couture dans une école internationale de mode a joué sur ma passion pour la dentelle… J’aime ce qui est vaporeux et décemment dénudé.

Mes clientes viennent me voir et je recrée un modèle qui leur ressemble. Toutes ne peuvent pas porter des robes podium à fentes jusqu’à hauteur de cuisse. Donc on doit adapter en fonction de la silhouette. Je préfère d’ailleurs habiller les 46 que les 38. Je trouve que les femmes rondes portent mieux les robes. Pour ces femmes, je mets une doublure s’il y’a une longue fente. Après je ne fais pas de robe si le modèle ne met pas en valeur la femme qui va le porter… »

 

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La Mode africaine

Parfait : «  Je viens d’un défilé qui a eu lieu au Bénin (Juillet 2017). Il y’avait de très belles choses, parfois un peu surchargé à mon gout. Mais il faut reconnaitre que le travail de couture était impeccable quoique pas toujours porté sur la finesse dans le travail.

Après je pense qu’on travail différemment. Je trouve que la mode africaine avance et recule en même temps. Je pense qu’on gagnerait à présenter des pièces portables mais avec des coupes originales. Ici au Sénégal, on trouve des artisans géniaux mais après qui ne sont pas valorisés et c’est dommage. Les pays d’Afrique anglophone n’ont pas ces problèmes de finesses. Peux être que la culture joue aussi dans l’approche.

Je pense que les jeunes créateurs africains doivent se documenter, aller dans les bureaux de style, voir ce qui se fait dans l’industrie de la mode, connaitre les tendances. »

 

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Yakoma World

Parfait : «  J’ai rencontré Lajoya à une soirée Karaoké. Nous sommes devenus amis par la suite. C’est ma petite sœur (rires). »

Dans mon mp3

Parfait : « J’écoute Jojo Abott , Chemistry, du R’n’b, etc. Globalement j’écoute de touT. Je peux être dans une symphonie de Bach et la seconde d’après écouter des chansons des cartoons et dessins animés. Je réutilise les morceaux qui me touchent ou qui m’ont inspirées dans mes défilés. Quand je suis bloqué sur une création, j’écoute de la musique.»

Parfait dans quelques années

Parfait : « J’aimerais faire un défilé annuel avec une cinquantaine de pièces. Avoir un défilé à la hauteur des défilés européens. Avoir un public qui se déplace que pour cela. Présenter une performance entre mode, musique et peinture. J’aimerais faire cette manifestation dans un endroit insolite, par exemple un hangar avec des machines. Par ailleurs, j’aimerais avoir un atelier et un bureau de style où les différents créateurs pourraient se retrouver et créer ensemble. »

Un mots de la fin

Parfait : « Toujours zen attitude (rires). Je reste disponible et toujours en quête de challenge. »

 

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