Ma présente son premier album Woyalma

Marianne  Bathily – Aka Ma présente son premier album Woyalma

 

J’ai rencontré Ma, un après-midi de Mars, à la Boite à Idée. Vêtue d’une tenue en pagne imprimé rose, Ma était arrivée à la maison éblouissante et débordante d’énergie. Autour d’un café au lait, sous le manguier, Ma répondait à mes questions…

 

 


Comment te définis-tu artistiquement parlant ?

Ma : « Il y’a plusieurs personnes en moi. Il y’a Marianne qui est la fille de ses parents, la maman de ses enfants, la femme de son mari. Après il y’a Marianne Bathily entrepreneure, avec vingt ans d’expérience dans le marketing et la communication. Puis très récemment je me suis découverte un nouveau territoire d’expression pour une nouvelle venue, Ma, qui chante et qui écrit aussi. C’est une aventure très enthousiasmante comme tout ce qui est nouveau. 

En vérité, je pense que j’ai toujours aimé raconter des histoires. Mes chansons sont des histoires, une manière de voir les choses, ici dans notre vie au Sénégal. Je parle de ces jeunes femmes qui ont aujourd’hui, entre 30 et 50 ans, qui se sont réalisées, ont fait des choses et se retrouvent face à un environnement… Quand on est né ici, qu’on y a grandi, qu’on y a fondé une famille, on ne peut qu’espérer un avenir meilleur pour tous, on est forcément sensible à toutes les questions sociales et économiques liées à ce pays que nous aimons… on se doit de léguer à nos enfants un Sénégal dans lequel il fait bon vivre pour tous.

Pour moi la musique c’est aussi un moyen de rencontrer les gens.  Faire de la musique avec des gens c’est une forme d’intimité très intense et très particulière. Tu partages ton être avec ces personnes. Je trouve cet exercice extrêmement enrichissant et très différent de ce que j’ai connu jusqu’ici»

 

 

Tu as l’air très épanouie ! c’est top…

Ma : « Oui très contente et très épanouie. Je pense que c’est aussi dû à l’âge et au recul que tu peux avoir sur les choses, quand tu as plus de quarante ans. Quand tu rentres dans quelque chose à vingt ans tu es dans une énergie différente que quand tu en as quarante. A quarante ans, tu es déjà réalisée, tu as déjà fait des choix dans ta vie et tous cela est derrière toi. Du coup, tu es plus indulgente et tu as une approche qui est beaucoup plus distante et désintéressée. Donc oui, Je suis de manière générale dans une approche plus apaisée à la vie.»

Qu’est ce que tu attends de la musique ?

Ma : « C’est presque de la thérapie.  C’est un mieux-être personnel. C’est une réponse intime à des interrogations que je me pose et une manière de les aborder qui est finalement dans la douceur et de l’ordre de la constatation. J’attends à travers mon expérience musicale, de partager ces réflexions, cet état d’être que j’ai aujourd’hui avec d’autres…  J’ai envie de parler à des gens qui traversent peut être les mêmes choses que moi. Évidemment, comme toute personne qui produit quelque chose, j’aimerai que les gens aiment, mais ce n’est pas quelque chose d’aussi urgent pour moi aujourd’hui. »

 

 

17457492_1879376749005362_4854508079265731511_n

 

Est-ce que dans ton processus de création, tu as pris des cours ?

Ma : « Bien sur. Je suis une fervente partisane de la formation. Je pense que quel que soit le domaine, il faut se former.  Vu de loin on s’imagine toujours que certaines choses sont simples ou relèvent de l’inspiration uniquement. Mais quand je me suis rapprochée de ce domaine qu’est la production musicale,  je me suis rendue compte de son étendue : il y’a tant de spécialités, de métiers. La musique est une industrie, je pense que c’est important d’avoir une approche professionnelle et donc de se former. Donc j’ai pris des cours de chants, des cours de présence scénique. Quand je suis rentrée en studio, j’ai découvert encore un nouveau monde…  

C’est une curiosité qui s’étend à l’infini. Je pense que c’est ce qui me plait finalement, c’est d’apprendre. Passer du temps avec les gens, les questionner c’est aussi une façon d’apprendre, vu que l’on peut apprendre à tout âge,  c’est une formidable leçon de vie… »

Est-ce que ton expérience professionnelle sert ton art ?

Ma : « Je travaille avec des gens dont c’est le métier, parce que encore une fois, j’accorde une importance au professionnalisme. Mais aussi, c’est vrai que le fait d’avoir fait beaucoup de marketing, je suis peut-être plus exigeante sur le produit fini.  Je pense qu’aujourd’hui,  le produit artistique,  a ses règles et ses valeurs. Par exemple, quand j’ai pris la décision de chanter en Français, j’ai choisi le fait de faire de la chanson à texte, je savais parfaitement que ces décisions qui limiteraient la portée de mon « produit » mais j’en étais consciente. Je fais attention à ce que la musique reste une terre dans laquelle je préserve une espèce d’innocence. »

 

17523039_1879385745671129_38165025369853567_n

 

 

Quand tu as commencé ce travail de live, tu n’as pas eu de difficulté à trouver un band ?

Ma : «  Aucun… Chaque membre de MA&Cie est une rencontre et une relation à part entière.  Ils sont arrivés un à un sur un an, et ils apportent chacun leur style, leur patte à l’ensemble… Edou, Ibou, Brahim, Ismaël, Davis et Laye sont vraiment mes frères de chant !! Après, nous sommes tous très libres, vouloir établir des relations exclusives, c’est une idée saugrenue. La vie t’apprend que c’est une idée contrenature, seule la diversité est créative et riche. Quand tu approches de la quarantaine, tu te rends compte que c’est illusoire de demander à une personne d’être ton tout et de te donner tout en échange.

Avec mes musiciens, notre relation a démarré dans ce niveau de maturité. Il y’a un cœur que l’on partage, mais ils ont toute liberté d’avoir d’autres projets et je trouve cela enrichissant. C’est sûr que ça demande beaucoup d’organisation mais c’est faisable. Peut-être aussi que le fait que cela ne soit pas mon activité principale, me pousse à  voir les choses différemment de celui qui joue à plein temps. »

Le nouvel album Woyalma

Ma : «  l’album sort le 25 Mars. Ce qui est marrant, c’est que j’ai l’impression de faire les choses à l’envers.  Je joue l’album en live depuis près d’un an. J’ai enregistré l’album après l’avoir rodé en live. Il y’aura tout de même quelques morceaux exclusifs dont un morceau que j’ai fait avec Dip Doundou Guiss. Ca aussi c’est extraordinaire. Aller dans le studio à Grand Yoff, rencontrer tous les jeunes de Reptyle music, qui sont tous fantastiques , c’est génial! »

 

17499162_1878340225775681_7639374061922580090_n

 

Si tu étais un objet lequel serais –tu . ?

Ma : « Je pense que je serais une calebasse. Parce que c’est rond et naturel, que c’est un instrument et aussi un récipient, ça fait du bruit, ça résonne, ça sert à communiquer et à partager. C’est tout moi. ! »

Retrouver Ma : sur Facebook

 

Wakh’art on Soundcloud

logo wakhart roots

L'art comme facteur de développement.
Art as a development factor.
الفن كعامل من عوامل التنمية.
El arte como factor de desarrollo.
विकास के कारक के रूप में कला.
L'arte come un fattore di sviluppo.
艺术作为发展的因素。

Wakh’Art’s Tumblr

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *