Yacebanks

Yacebanks

 

J’ai rencontré Yacebanks il y’a peu, en effet, l’artiste photographe était venu à la Boite à Idée, pour me présenter son travail, en amont de son exposition prévue le 09 Février au Goethe Institut. Touchée par ce travail d’immersion et cette démarche artistique, je proposais à « Yace », une interview, pour en découvrir plus sur son travail. C’est ainsi qu’autour d’un café, nous échangions autour de sa passion pour la photographie…

 

Qui es-tu ? Comment tu te définis artistiquement ?

« Je suis un artiste, je fais de la photo sur toutes ces formes. Je n’ai pas coincé dans un format ou un type d’image. Je ne veux pas mettre ma créativité de coté. J’adore le light painting, j’aime beaucoup le noir et blanc, faire des suites. Je suis photographe polyvalent et je suis mon cœur. Parfois c’est des coups de cœurs, d’autres fois des coups de gueule. J’essaye de transmettre ce que je ressens. Quand je suis à un évènement et que je prends des photos, c’est mon regard sur cet évènement que je partage. Même si tous n’acceptent pas çà ma vision des choses. Je préfère travailler ainsi.  Je fais aussi de la vidéo et de l’infographie. »

 

fullsizeoutput_11

 

Quand tout cela a commencé ?

« J’ai démarré la photographie en 2013. J’étais à Dakar, dans une école, nommée Sup Imax, et j’étais inscrit dans des cours de multimédias. Quand j’ai découvert le module de photographie. Je me suis accrochée à ce médium. J’étais passionné et je ne quittais plus le studio ni mon mentor, Monsieur Djibril Sy. C’est lui qui m’a tout appris. Je le dérangeais à toutes les heures. J’étais aussi son assistant durant deux ans. C’est devenu un ami, un père. Il m’a appris que la photographie c’est plus que d’utiliser un appareil et prendre des clichés. C’est un état d’âme, une philosophie, des comportements, c’est plein de choses de la vie. Pour être photographe, tu as besoin d’être social, politique à la fois et d’avoir du charisme. Mon mentor m’a fait gagné énormément de temps. Il est très généreux et il m’a permis d’apprendre la vie. »

 

Aujourd’hui les outils de photographies ceux sont beaucoup démocratisés. Du coup tous se disent photographes, que penses-tu de çà ?

« C’est une très bonnes choses que la photographie soit accessible à tous. Avec les nouveaux appareils, tu peux prendre une photo, faire un bon cadrage et l’appareil fait quasiment 70 % du travail. Du coup çà donne plus d’amateurs de photographie. Pour moi, ca a aussi amené la photographie à un niveau supérieur. Aujourd’hui, il y’a plus de professionnels et c’est une bonne chose en soi. Techniquement et professionnellement, les photographes de ma génération sont très bons. Selon moi c’est de la profondeur qui manque. Par là j’entends toute la phase de recherche nécessaire, les discussions et échangent avec les sujets où les gens… J’aurais aimé avoir cette conscience plutôt. J’aime la complexité qu’il y’a dans la photographie. Le faite de creuser avant, pendant, après. Ce n’est pas uniquement une question de technique où d’outils. »

 

Jigeen Jambaar - Yacebanks

Jigeen Jambaar – Yacebanks

 

Quels enjeux, il y’a pour toi dans la photographie ?

« La photographie c‘est l’histoire. Aujourd’hui au Sénégal, et partout en Afrique, on a un devoir de mémoire. Je ne peux pas comprendre que pour voir accès à des images d’archives de notre pays, que l’on doive aller à l’étranger pour puiser dans des sources comme l’Ina. C’est vrai que maintenant on a un musée de la photographie à Saint-Louis, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de le visiter. Tous les photographes de notre génération doivent prendre conscience du devoir de mémoire et d’histoire qu’ils ont. Même s’ils ne veulent pas montrer toutes leurs photographies, c’est important qu’ils prennent de l’image et témoignent de leurs époques afin de garder cela pour les générations à venir… Par exemple en face du lycée Seydou Nourou Tall à l’époque où j’y étudiais, il y avait un grand jardin, aujourd’hui il n’existe plus. J’aurais aimé à cette époque avoir été conscient de la photographie, pour capturer l’essence de ce jardin. C’était un poumon vert pour ce quartier de Dakar et les enfants de l’école Seydou Nourou Tall.  Aujourd’hui, on ne peut plus témoigner de cela … La photographie c’est un vecteur de développement. C’est important d’en prendre conscience. »

 

 

As-tu des projets pour 2018 ?

« Déjà il y’a « Jigeen Jambaar ». Un projet que j’ai démarré en 2017, qui va être présenté au Goethe Institut du 09 Février au 09 Mars au Goethe Institut de Dakar. Après çà, je prépare d’autres choses, mais je ne préfère pas en parler pour le moment. Des expositions, des collaborations… Des contenus explosifs! Je pense que 2018 sera une belle année pour la photo Incha Allah. J’ai voulu commencer l’année par ce projet parce qu’il rassemble technique, histoire et concept. J’ai une relation forte et particulière aux femmes de part ma mère, ma petite sœur. Aussi ma manager m’a boosté et encouragé dans ce projet. Je voulais leurs rendre hommage. Elles sont braves, elles sont fortes, elles sont vie, elles sont mère, elles sont l’humanité…

Le travail de l’artiste est compliqué, on est peu compris par nos parents où notre société. J’avais envie de me lancer dans cette année avec un projet de cette envergure. C’est aussi un message fort que j’envois aux publiques. A un moment, on doit arrêter de douter et se lâcher, faire les choses. »

 

Jigeen Jambaar - Yacebanks

Jigeen Jambaar – Yacebanks

 

Jigeen Jambaar

Depuis toujours, YaceBanks est passionné par le courage et la beauté des femmes, ce fut donc dans une logique naturelle que ce féministe des temps modernes décida de se consacrer pendant trois ans à un projet sur celles-ci. Dans ses recherches d’images significatives, il lui est arrivé de sortir du paysage urbain pour aller à la rencontre des femmes dans des zones plus rurales afin d’échanger avec elles mais aussi afin de s’imprégner de leurs vies quotidiennes, leurs réalités et difficultés…

Cette immersion a permis à l’artiste d’être fidèle à leurs vécus, leurs émotions. Les images produites mettent en valeur leurs abnégations, leurs bravoures dont elles font preuve au quotidien, dans leur vie sociale, familiale et professionnelles. Dans le cadrage, le choix des contrastes et même dans la colorimétrie des œuvres, YaceBanks a procédé à un travail  minutieux en tout point afin d’obtenir un résultat fidèles et réalistes. Cette exposition est un hommage à ces femmes, combatives, fortes, créatives et sages, qui affrontent difficultés, apportent des solutions aux problèmes qu’elles rencontrent et se privent pour élever au mieux leurs enfants et faire vivre leurs familles…. « À la femme, oui je rends hommage elles portent en elles de si beaux messages. Porteuses de l’humanité sans elle, je n’existerais pas… »  YaceBanks

 

INVITATIO - Jigeen Jambaar - Yacebanks

 

Retrouver Yacebanks sur Facebook / Instagram / twitter

 

Wakh’art on Soundcloud

logo wakhart roots

L'art comme facteur de développement.
Art as a development factor.
الفن كعامل من عوامل التنمية.
El arte como factor de desarrollo.
विकास के कारक के रूप में कला.
L'arte come un fattore di sviluppo.
艺术作为发展的因素。

Wakh’Art’s Tumblr

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *